Neil Armstrong, l'homme qui ne voulait pas être célèbre

La chance sourit aux audacieux ! Cette formule pourrait s’appliquer à Neil Armstrong. Plutôt que d’audace, il s’agit d’acharnement mesuré avec toujours une belle dose de chance.

Passionné d’aviation depuis l’enfance, il décroche son brevet de pilote de tourisme à 16 ans et entame dans la foulée des études d’ingénieur en aéronautique. Ce fils d’une famille modeste du Midwest est alors appelé sous les drapeaux. Et c’est dans la Navy qu’il se qualifie pour prendre les commandes d’un avion de chasse. Il n’a que vingt ans.

Le voilà plongé en pleine guerre de Corée durant laquelle il effectue plusieurs dizaines de missions de combat. Lors de l’une d’elles, son jet est touché ce qui le contraint à un atterrissage en catastrophe. L’avion est détruit, mais Armstrong s’en sort sans séquelles. Maîtrise et bonne étoile. Et ce ne sera pas la dernière fois.

Après la guerre de Corée, il termine ses études d’ingénieur et se lance dans une brillante carrière de pilote d’essais dans laquelle sa maîtrise en vol et sa rapidité d’analyse lui permettent de sortir vivant des situations les plus désespérées.

Début à la Nasa

Alors quand la Nasa recrute de nouveaux candidats astronautes, son profil retient évidemment l’attention. A l’issue d’une interminable batterie de tests de sélection quasi inhumains, ses résultats sont tellement brillants que Armstrong s’impose comme une des valeurs sûres.

Le bras de fer entre les Etats-Unis et l’Union soviétique fait rage, qui sera le premier à envoyer un homme sur la Lune ? Les Russes ont plusieurs longueurs d’avance. Ils ont déjà fait orbiter le Spoutnik, le premier satellite artificiel, et Yuri Gagarine a déjà réalisé un vol dans l’espace. L’Amérique se sent humiliée. Pour battre définitivement leurs coriaces adversaires, la seule option est de poser le pied sur la Lune avant les communistes. Tous les moyens humains, financiers et industriels seront mobilisés. C’est la volonté du président Kennedy.

Programme Gemini

Neil Armstrong fait alors partie du programme Mercury qui précède Apollo. Armstrong sera commandant pour Gémini 8. Une mission lors de laquelle l’équipage doit s’amarrer dans l’espace avec un module lancé quelques heures plus tôt.

Mais les choses tournent mal. Après l’amarrage, l’ensemble se met à tourner sur lui-même comme une toupie. Aucune procédure connue ne permet de freiner cette folle rotation. Alors que la situation semble désespérée, le sang-froid de Armstong et son expertise technique trouvent la solution. La mission est avortée, mais Gémini 8 revient sur terre avec un équipage sain et sauf. La réputation de Armstrong est faite.

After the Moon

Le retour de l’équipage d’Apollo 11 sera triomphal évidemment. Armstrong et ses coéquipiers seront ovationnés des mois durant. Un tour du monde pour célébrer des héros. Un costume qui ne convenait pas à Armstrong. En 1971, il met un terme à sa carrière d’astronaute. Il devient professeur d’ingénierie aérospatiale.

Il garde ses distances avec les médias. Il ne donne quasi jamais d’interviews. En 2012, peu de temps avant de décéder après une intervention cardiaque, il va néanmoins répondre aux questions de la télévision australienne qui évoque la vague conspirationniste prétendant que les missions Apollo n’avaient jamais eu lieu et que tout avait été filmé dans des studios secrets sous le contrôle de la CIA. A cela, il répond très posément : "Vous savez c’est bien simple, un jour des astronautes iront sur la Lune. Ils n’ont qu’à se rendre sur la mer de la tranquillité. Ils trouveront là le boîtier de mon appareil de photos Hasselblad".

Neil Armstrong est décédé à l’âge de 82 ans. Il ne fêtera pas les 50 ans d’Apollo 11. Mais il restera pour l’éternité le premier homme qui a marché sur la Lune.

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