Ne tombez pas dans le panneau

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Jean-Paul travaille à Bruxelles et habite Wavre. Chaque soir, pour rentrer chez lui, il prend le ring de Bruxelles. Ring sur lequel il y a des travaux. Avec des indications unilingues néerlandophones. Jean-Paul, qui ne comprend pas cette langue, se demande si, quand des questions de sécurité sont en jeu, on ne pourrait pas faire un effort pour communiquer dans les deux langues nationales.

Le noeud du problème, le voici : une plaque "verkorte inrit". Si Jean-Paul disposait, dans sa voiture d'un ordinateur connecté à un logiciel de traduction, il saurait que ça veut dire "Voie raccourcie". Mais le temps de taper tout ça dans l'ordinateur, Jean-Paul aurait probablement déjà eu un accident. D'où son inquiétude : si une indication est importante pour la sécurité, ne devrait-ellle pas figurer dans les deux principales langues nationales ?

Joint par téléphone, le responsable du chantier confirme qu'il ne fait que respecter les lois linguistiques : panneaux en néerlandais en Flandre, en français en Wallonie et bilingues à Bruxelles. Et il ajoute qu'il ne peut pas faire d'exception parce que, dit-il, "on aurait des problèmes avec tous ceux qui tiennent à la frontière linguistique." Mais, ajoute-t-il, à sa connaissance, il n'y a jamais eu d'accident à cause de ce problème.

Olivier Quisquater, le M. Sécurité de "Contacts", précise que les textes sur les panneaux sont plutôt rares. Et que l'essentiel de la signalisation de chantier, c'est le (grand) panneau avec un (petit) bonhomme et sa pelle. "Quand vous le voyez, explique le commissaire, vous savez que vous allez arriver dans un endroit où vous devrez faire attention". Et, conclut-il, il y a une réticence à mettre des messages de texte le long des autoroutes: quand on roule à 120 km/h, ça risque de provoquer des distractions.

Bref, la tendance est plutôt à éviter de mettre des textes le long des autoroutes. Cela dit, des indications dans des langues autres que celle de la région, c'est possible. Notamment dans l'est du pays où, sur de longues descentes, des panneaux en quatre langues signalent aux camionneurs la présence de bacs à gravier pour les arrêter si leurs freins lâchent. Il est vrai qu'éviter un accident, c'est dans l'intérêt de tout le monde.

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