Natural Cycles, l'application basée sur la méthode Ogino, reconnue comme moyen de contraception aux USA

Natural Cycles, l'application reconnue comme moyen de contraception aux USA
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Natural Cycles, l'application reconnue comme moyen de contraception aux USA - © Tous droits réservés

La Food and Drug Administration (FDA), l'agence américaine qui régule notamment le marché des médicaments, a donné aux concepteurs de l'application Natural Cycles l'autorisation de faire de la publicité en tant que moyen de contraception aux Etats-Unis, au même titre que la pilule et le préservatif. 

Une application fort critiquée

L'efficacité de cette application, dont la commercialisation est approuvée dans l'Union européenne depuis 2017, est pourtant régulièrement mise en cause

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Créée par des chercheurs suédois, elle serait responsable d'au moins 189 grossesses non désirées en Suède.

En Grande-Bretagne, l'Agence des normes de la publicité a même accusée fin août Natural Cycles de publicité trompeuse

Une application qui n'a rien inventé et peu fiable

Si les concepteurs de Natural Cycles qualifie leur application de "très précise", ils n'ont rien inventé. Leur système de calcul repose sur la méthode Ogino-Knauss (appelée aussi méthode du calendrier) qui, dès les années 30, a été utilisée par des femmes pour mesurer leur température corporelle à une époque où la pilule et les préservatifs n'existaient pas encore.

"L'application ne fait que mettre en pratique ce qui a toujours été utilisé", explique le Dr Pascale Grandjean, gynécologue obstétricienne au CHR Mons-Hainaut. 

"Pour moi, ce n'est pas une bonne méthode de contraception. Elle a plutôt été utilisée comme méthode pour corriger l'infertilité, pour que les femmes apprennent à connaître leur corps. Je pense que la température corporelle est très aléatoire et qu'elle n'est pas un bon moyen de suivre parfaitement la non fertilité ou le risque de grossesse chez une patiente. Le problème de ce type de contraception naturelle c'est que la période à risque est assez longue"

Un avis partagé par le Dr Yaacoub Salamé, gynécologue au CHU Ambroise Paré : "Il y a plusieurs contraintes  parce que la température peut changer en fonction, par exemple, de certaines maladies, de la prise de médicaments, du stress. Et donc, la courbe de température peut changer et induire en erreur certaines patientes"

Pour éviter les accidents, poursuit-il, il faut aussi avoir un schéma assez précis de son cycle, ce qui n'est pas évident : "Il faut faire la courbe sur plusieurs mois pour établir son profil personnel. Parce qu'au moment de l'ovulation, il y a un décalage : la température augmente de quelques centième de degrés. Et donc a posteriori, on peut dire qu'on ovule à telle ou telle date et qu'il faut éviter les rapports une semaine avant et deux jours après"

"La contraception naturelle n'est pas bonne pour toutes les patientes"

Reste que selon le Dr Pascale Grandjean "le monde médical évolue vers des contraceptions hormonales de moins en moins puissantes, mais tout aussi efficaces. On évolue vers l'utilisation de contraception de type mécanique, comme le stérilet, en essayant d'avoir des stérilets de plus en plus petits pour pouvoir les mettre chez toutes les patientes, c'est à dire celles qui n'ont pas eu d'enfants. Le monde de la contraception essaie de trouver la meilleure contraception avec le moins d'effets secondaires possibles pour la patiente. Alors il y a autant de contraceptions qu'il n'y a de patientes et la contraception naturelle n'est pas bonne pour toutes les patientes. Je pense à une jeune fille qui a des cycles irréguliers, par exemple, ou à une jeune étudiante qui, en pleine période de guindaille, boit un petit peu plus, sa température corporelle peut varier très fort"

Archive : Jour Première 23/01/2018

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