Naples: des Roms sur les terres polluées par la mafia

Démonstration de l'ampleur des dégâts sur la "terra dei fuochi" (terre de feux), avec un activiste écologiste
Démonstration de l'ampleur des dégâts sur la "terra dei fuochi" (terre de feux), avec un activiste écologiste - © MARIO LAPORTA - IMAGEGLOBE

La semaine dernière les Etats-membres de l'Union Européenne, ont approuvé une série de mesures communautaires. Des recommandations plutôt qui doivent favoriser l'intégration des 10 à 12 millions de Roms qui vivent en Europe. Ce qui ne veut pas dire que tout est réglé. Au contraire. Le respect des droits de l'homme continue d'être bafoué. En Italie, par exemple, non loin de Naples, les autorités ont déplacé une communauté de Roms. Ils les ont installé dans les campagnes hautement polluées par les déchets toxiques de la mafia.

Les enfants jouent sur les monticule d'immondices. Ces tonnes de déchets recouverts de terre hérissée de cheminées qui récupèrent le biogaz, sont devenues leur plaine de jeu. C 'est ici que les autorités locales ont imposé voici dix mois à 75 familles roms de s'installer sur ce terrain contaminé.

Giuriano Seferovitch est l'un des chefs de famille de ce camp. Il réalise les dangers auxquels il expose les siens. "Ce biogaz, nous le respirons depuis que nous sommes arrivés ici, tous les soirs et tous les matins depuis des mois, ce gaz flotte autour de nous, les femmes, les enfants malades, les vieillards... c'est une véritable honte. Même les chiens, ils ne les mettraient pas ici".

Ces Roms ont fui Sarajevo dans les années 1990. Depuis vingt ans, ils occupaient abusivement une zone industrielle de la périphérie de Naples avant d'être expulsés. Mais les associations de défense des Roms n'ont rien pu faire pour empêcher ce déménagement forcé vers une zone où l'augmentation des tumeurs est désormais certifiée.

Alex Valentino du Forum Rom de la Campanie estime que "Ca été un choix délibéré des autorités les expulser du camp où ils étaient avant, car là ils étaient visibles de la rue. Et sur la grand route, ils dérangeaient la prostitution gérée par la mafia... Ici, personne ne les voit et les roms peuvent mourir, dans l'indifférence".

Près de 250 enfants vivent dans le camp. Tous nés à Naples, aucun d'entre eux ne fréquentent l'école. L'Italie a pourtant adhéré aux politiques européennes pour l'intégration des communautés Roms. Ces politiques passent par la scolarisation, le logement et le travail. Mais la réalité de ce camp construit au milieu des déchets toxiques est en totale contradiction avec les politiques affichées.

Valérie Dupont

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK