Nantes: le jeune tué lors d'affrontements avec la police était sous le coup d'un mandat d'arrêt

Un jeune homme de 22 ans est décédé mardi soir à Nantes, en France, après qu'un contrôle de police a dégénéré, indiquent plusieurs médias français. Une vague de violences urbaines s'en est suivie et le secteur du quartier du Breil, au nord-ouest de la ville, a fait l'objet d'un important dispositif de sécurité.

Le conducteur atteint par une balle

Les forces de l'ordre auraient demandé à un véhicule qu'elles voulaient contrôler de garer sa voiture, affirme Ouest-France sur son site internet. Le conducteur, refusant d'obtempérer, aurait fait une marche arrière brusque, heurtant un agent au genou. Un autre policier a alors tiré sur le véhicule et la voiture a terminé sa course contre une barrière. Le conducteur aurait été touché au cou et est décédé en arrivant à l'hôpital.

Selon des témoignages de riverains recueillis par le journal, des jeunes ont ensuite jeté des projectiles et des cocktails Molotov vers la police, qui a répliqué avec des gaz lacrymogènes. Trois voitures au moins ont pris feu. Un local jouxtant un centre commercial a également été embrasé. "Le SRPJ de Nantes et l'Inspection générale de la police nationale sont saisis de l'enquête afin de préciser la commission des faits et déterminer dans quelles circonstances le policier a été amené à faire usage de son arme", a précisé à l'AFP le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès.

Je voyais que ça brûlait de partout, ça courrait de partout. Il y avait le feu à des poubelles

Un habitant du quartier, Steven, 24 ans, a déclaré avoir "entendu des détonations". "J'ai mis une demi-heure à descendre. Je voyais que ça brûlait de partout, ça courrait de partout. Il y avait le feu à des poubelles, à des voitures. Ils étaient en train de tout casser. Ça a duré super longtemps". "Mes premières pensées vont à ce jeune homme mort, à sa famille, à tous les habitants de ce quartier, de nos quartiers", a déclaré Johanna Rolland, maire PS de Nantes. "La police et la justice dans son indépendance devront faire la clarté et la plus totale des transparences sur ce qui s'est passé ce soir", "mais l'urgence ce soir, c'est l'appel au calme dans nos quartiers", a-t-elle martelé. La situation semblait apaisée peu avant 03H00 dans les trois quartiers touchés par les violences. Il n'y a pas eu d'interpellation, selon une source policière. Près de 200 policiers ont été mobilisés, selon la police.

Sous le coup d'un mandat d'arrêt

Le jeune homme décédé était sous le coup d'un mandat d'arrêt délivré en juin 2017 par un juge d'instruction de Créteil (région parisienne), a précisé mercredi à l'AFP le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès. Le jeune était recherché pour vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs.

Mercredi matin, la ministre française de la Justice Nicole Belloubet a appelé "au calme", déclarant sur la radio RTL: "évidemment, j'appelle absolument au calme puisque l'Etat de droit sera pleinement respecté". Elle a souligné que les autorités judiciaires et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) avaient été saisies "pour que toute la lumière soit faite dans la plus totale transparence" sur la mort de ce jeune homme.

De son côté, le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb s'est associé aux appels au calme et a condamné "avec la plus grande fermeté" ces violences urbaines.

"Il appartient à la justice, et à la justice seule, de faire toute la lumière sur les circonstances qui ont conduit au décès d'un automobiliste à la suite d'un contrôle de police", a-t-il ajouté dans un communiqué.

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