Musée juif: l'attaque qualifiée d'actes "terroristes" par le parquet

Musée juif: "Triple assassinat et tentative d'assassinat terroristes"
Musée juif: "Triple assassinat et tentative d'assassinat terroristes" - © Tous droits réservés

Le parquet fédéral a annoncé ce lundi qu'il avait qualifié les faits survenus lors de l'attaque au Musée juif de Belgique de Bruxelles de "triple assassinat et de tentative d'assassinat terroristes". Toutes les pistes restent pour le moment ouvertes, a-t-il précisé.

Le parquet a précisé que toutes les images des caméras de surveillance disponibles allaient être analysées afin de tenter d'établir un portrait de l'auteur des tirs qui ont coûté la vie à trois personnes et blessé gravement une quatrième lors de l'attaque survenue de ce samedi 24 mai.

Pour qualifier l'attaque de "triple assassinat et de tentative d'assassinat terroristes", le parquet s'appuie sur plusieurs éléments, notamment les images qui montrent un homme déterminé agissant de sang froid et très rapidement. Le lieu de l'attaque, le Musée juif, est également entré en ligne de compte.

Toutes les pistes d'enquêtes restent ouvertes à ce stade, a indiqué la magistrate fédérale Wenke Roggen. Le laboratoire de la police judiciaire fédérale va se rendre à nouveau au musée, ce qui implique que celui-ci restera fermé jusqu'à nouvel ordre.

Plusieurs témoins ont été entendus depuis samedi et plusieurs personnes ont pris contact avec les autorités judiciaires à la suite de l'appel à témoins du parquet de Bruxelles dimanche.

Le parquet a ajouté être en contact avec plusieurs partenaires nationaux et internationaux dans le cadre de cette enquête. Un juge d'instruction supplémentaire, spécialisé en terrorisme, a été désigne. Il épaulera le juge originellement saisi du dossier.

Un contact par ailleurs a été pris avec les familles des victimes israéliennes via l'ambassade afin de procéder au rapatriement des dépouilles mortelles, mais le parquet ne confirme pas l'hypothèse avancée par le journal israélien Haaretz, selon laquelle il s'agirait d'une éventuelle attaque ciblée visant des membres des renseignements israéliens.

Le parquet fédéral indique enfin que la quatrième victime est toujours en vie, mais dans un état critique.

Le Centre pour l'égalité des chances envisage de se constituer partie civile

Le Centre pour l'égalité des chances a ouvert un dossier relatif à la fusillade en vue d'une constitution de partie civile dans cette affaire, a-t-il annoncé lundi dans un communiqué.

Le Centre a la possibilité légale d'ester en justice sur base - entre autres - de la loi antiracisme du 30 juillet 1981, de la loi antidiscrimination du 10 mai 2007 et de la loi sur le négationnisme du 23 mars 1995, explique-t-on. Lorsque le Centre opte pour la voie judiciaire, "il est généralement inspiré par la gravité particulière des faits, notamment en cas de crime de haine, ou par l'impact potentiel sur la société".

Sur les 3713 signalements déposés au Centre en 2013, 85 concernaient l'antisémitisme et/ou le négationnisme, pour 88 l'année précédente. Vingt cas d'agression verbale ou menace ainsi que quatre actes de violence ont également été recensés.

Le président de la Ligue belge contre l'antisémitisme souhaite porter plainte pour menace

Le président de la LBCA, Joël Rubinfeld, souhaite porter plainte sur base de l'article 327 du code pénal après avoir été menacé de mort sur le compte Facebook de l'association, a-t-il indiqué lundi, confirmant une information de La Dernière Heure.

L'auteur du message a fait part sur le réseau social de ses "envies de meurtre" après avoir entendu Joël Rubinfeld s'exprimer dans les médias au sujet du triple assassinat qui a eu lieu samedi au Musée juif de Bruxelles.

"Il règne actuellement un climat inquiétant et le passage à l'acte est envisageable", réagit-t-il. "La fusillade au Musée juif nous rappelle que l'antisémitisme peut encore tuer aujourd'hui à Bruxelles. A travers cet attentat contre la communauté juive, c'est aussi l'ensemble de la nation qui est frappée de plein fouet."

Le président de la LBCA a également rappelé que selon un sondage sur l'antisémitisme mené en 2013 par l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne, 40% des Juifs belges envisageraient de quitter le pays pour cause d'insécurité.

"Nous voulons rencontrer les responsables politiques afin que deux points soient intégrés dans le programme politique de la prochaine législature: faire de la lutte contre l'antisémitisme une cause nationale et appliquer une politique de tolérance zéro par rapport à tout acte d'antisémitisme car il n'en existe pas de bénin", a-t-il conclu.

Ju. Vl. avec Yasmina Favaro et Belga

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