Mozambique: plaidoyer pour la circoncision dans l'armée comme arme contre le sida

Préparation du personnel médical avant une opération de circoncision sur un homme adulte, le 31 mai 2011 à Kisumu, au Kenya
Préparation du personnel médical avant une opération de circoncision sur un homme adulte, le 31 mai 2011 à Kisumu, au Kenya - © Tony Karumba

La circoncision est le meilleur moyen de prévenir le sida dans l'armée, ont plaidé lundi des responsables américains, lors d'une conférence mondiale à Maputo, au Mozambique, réunissant des dirigeants militaires de 80 pays.

"La circoncision est une intervention très importante et utile pour le restant de votre vie (...). C'est vraiment judicieux d'y consacrer des moyens exceptionnels", a souligné Eric Goosby, le coordinateur américain de la lutte contre le sida à l'étranger, lors de cette conférence réunissant 400 participants, principalement africains, mais aussi du Surinam, de Géorgie ou d'Estonie.

Plusieurs études ont démontré les vertus de la circoncision pour éviter l'infection par le virus du sida et les Etats-Unis financent des programmes dans différents pays d'Afrique.

L'objectif visé est de 4 millions de circoncisions d'ici 2013, avec des résultats pour l'instant inégaux. Ils sont encourageants au Kenya où les autorités pensent bientôt atteindre le but de 80% de circoncisions parmi les hommes en âge d'avoir des relations sexuelles, mais très en retard en Ouganda avec moins de 5% des objectifs réalisés.

"Il faut que l'armée se charge d'une partie de ces circoncisions", a souligné Caroline Ryan, du bureau américain de coordination de la lutte contre le sida.

Parmi les problèmes qu'elle soulève, l'opération chirurgicale nécessaire pour la circoncision entraîne entre deux et quatre jours de convalescence.

Par ailleurs, elle bouscule la tradition dans certains pays où la circoncision sans chirurgie est un rite de passage à l'âge adulte. "Il est crucial pour nous de savoir comment aborder ces préoccupations", a souligné auprès de l'AFP un haut gradé militaire sud-africain, Snowy Moremi.

Sentiment de fausse sécurité

Il faut que cette opération bénigne soit effectuée dans de bonnes conditions d'hygiène et surtout garder à l'esprit que la circoncision augmente le risque de contagion en cas de rapport sexuel avant cicatrisation complète.

Tant l'OMS qu'Onusida mettent en garde contre un sentiment de fausse sécurité qui pourrait résulter de la circoncision: elle réduit en effet les risques de contamination, mais ne rend pas la maladie intransmissible.

AFP

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