Mouvements de jeunesse: quelle est la recette de leur succès?

Avec leurs 300 000 membres en Belgique, les fédérations de mouvements de jeunesse assurent leur pérennité.  Rien qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, ils sont 110 000 à consacrer leurs week-ends et une bonne partie de leur grandes vacances à profiter de la nature, à jouer et à apprendre la vie en communauté. Qu’est-ce qui explique ce succès ?  

Pour la présidente de la fédération Les Scouts, Christelle Alexandre, l’ingrédient secret est l’adaptation. Lorsque l’on pense au scoutisme, on pense forcément à des jeunes qui courent dans les bois, font des feux, portent un foulard et communiquent en morse. Mais les animations évoluent avec la société et s’adaptent, explique-t-elle.

"Nous faisons plein d’autres choses ! Par exemple l’éducation aux médias est désormais un thème important car nous essayons de répondre aux problématiques de la société d’aujourd’hui. Manifestement nous continuons à répondre à la demande des parents d’être un pilier complémentaire d’éducation. L’enfant peut explorer, grandir, développer sa personnalité et des compétences."  

Scouts toujours prêts… et jeunes 

Trois composantes expliquent le succès des mouvements de jeunesse selon le sociologue de la jeunesse Jean-François Guillaume : la motivation des parents bien sûr, mais aussi celle des enfants, et l’offre de la part des animateurs et des fédérations qui a évolué.

L’âge des animateurs y est également pour beaucoup selon Jean-François Guillaume. "Les "chefs" sont plus âgés que les animés, mais sans être des adultes à part entière. Ils sont responsables, l’encadrement est garanti mais ils sont encore dans la découverte, dans l’expérimentation".  La présidente de la fédération Les Scouts va dans le même sens "nos animateurs sont plus jeunes que la moyenne mondiale", et cela fait la force du scoutisme belge selon elle.  Les mouvements de jeunesse ont aussi un aspect très "familial" car ce sont généralement les parents qui ont eux-mêmes été animés/animateurs qui décident d’y mettre leurs enfants.

La Belgique, l’un des pays les plus "scouts" du monde

Impossible de passer à côté de l’ancrage historique des mouvements de jeunesse dans la société, car c’est un aspect important dans leur succès. Le sociologue de la jeunesse, Jean-François Guillaume, expliquait notamment au micro de Débats Première, que cela remonte à la pilarisation de la Belgique. Les piliers libéral, socialiste et social-chrétien ont eu un impact crucial sur la création et le financement de ces mouvements. Depuis, certains mouvements se sont éloignés de leurs origines, comme la fédération Les Scouts qui ont officiellement abandonnés leur "C" de catholique en 2008. Mais d’autres font encore pleinement référence à leurs racines comme les "Faucons Rouges".

C’est également dans un esprit d’inclusion que cette distanciation s’inscrit. "Aujourd’hui, peu importe votre croyance, vous pouvez rejoindre Les Scouts. Il y a également un brassage culturel toujours plus important", affirme Christelle Alexandre. Les mouvements de jeunesse se veulent toujours plus ouverts. Mais malgré la bonne volonté manifeste, force est de constater que la mixité sociale reste un objectif loin d’être atteint.

L’aspect pratique, l’argument massue

Au-delà des arguments du "collectif" et du développement personnel, l’accessibilité séduit également. C’est une activité qui coûte bien moins cher qu’une pratique sportive durant l’année ou qu’un stage durant les vacances scolaires. D’ailleurs, les mouvements de jeunesse permettent aussi aux parents d’avoir plus de temps pour eux… même s’ils n’aiment pas toujours l’avouer.

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