Mortalité périnatale à Bruxelles: "Des chiffres choquants"

Mortalité infantile à Bruxelles: "Des chiffres choquants"
Mortalité infantile à Bruxelles: "Des chiffres choquants" - © AFP PHOTO ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

La Région bruxelloise présenterait les plus hauts chiffres de mortalité des nouveaux nés en Europe, rapportent mardi les journaux De Morgen et Metro sur base de l'étude européenne Peristat. Un bébé a plus de chance de mourir à Bruxelles qu'en Roumanie, Lettonie ou Slovénie. La mortalité périnatale a augmenté de 36,5% entre 2005 et 2010 dans la capitale.

Pour 1000 naissances, 8,9 foetus n'ont pas survécu à plus de 22 semaines de grossesse. La mortalité des nouveaux-nés s'élève quant à elle à 2,7 décès dans les 28 jours suivant l'accouchement. La mortalité périnatale s'élève donc à 11,6 dans la capitale de l'Europe.

La Flandre (7,1) et la Wallonie (7,4) se situent en milieu de classement européen. L'Islande (4,7) et Chypre (4,2) sont les mieux classés, si l'on en croit De Morgen.

"Ces chiffres sont choquants", a déclaré Stephane Heymans de Médecins du Monde au journal De Morgen. "Mais il faut rester prudent avec ces pourcentages. On parle ici de très petits chiffres, de sorte que chaque cas peut peser très lourd dans le bilan. En outre, une ville est ici comparée à des pays. Il y a sûrement d'autres villes qui obtiennent de très mauvais scores", estime-t-il.

Le rapport souligne également le nombre relativement important, pour Bruxelles, de nourrissons de très faible poids à la naissance.

Le professeur Hendrik Cammu, gynécologue à la VUB, avance la configuration sociale de la capitale pour expliquer ces chiffres inquiétants. La population est moins qualifiée et plus pauvre. "Nous observons dans ces groupes plus de surpoids, plus de tabagisme et plus de toxicomanie", explique-t-il.

Le docteur Michel Degueldre de la consultation gynécologique de l'Hôpital Saint-Pierre en centre-ville commente également ces statistiques : "D'abord, il y a le fait que nous considérons qu'une mort est enregistrée à partir de 22 semaines de grossesse ; dans la plupart des pays, une déclaration de naissance n'est qu'au-delà de 26 semaines. Il est clair que tous ces enfants qui naissent entre 22 et 26 semaines, sont à hauts risques de mortalité.  Si tout le monde ne capte pas les renseignements de la même façon, on va avoir des statistiques qui ne sont pas comparables."

Les jeunes mères qui viennent consulter ne sont pas encore assez nombreuses : "Parce qu'en Belgique, l'aide médicale urgente, est et permet à toute femme enceinte d'avoir un accès aux soins. Mais elles ne le savent pas toutes et cette information n'étant pas passée, beaucoup de femmes ne font pas suivre leur grossesse et accouchent avec des problèmes ou des pathologies, donc inévitablement aussi prématurément et de façon beaucoup plus importante et fréquente qu'une population standard qui est suivie.  Toute notre activité justement est concentrée sur le fait qu'on voudrait et qu'on veut et qu'on voit une diminution des pathologies des mortalités et des morbidités."

Et le professeur d'ajouter, que vivre en ville où l'offre médicale est plus importante et plus spécialisée, est en fait un avantage pour les parturientes.

Ju. Vl. (@julienvlass) et Betty Cleeren

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