Mort d'un bébé: l'usage de laits végétaux relève de la maltraitance infantile

Un procès se tient en ce moment à Anvers, où des parents sont accusés de maltraitance nutritionnelle. C'était ce vendredi le sujet traité par Juliette Hariga pour "Les Curieux du matin" dans Matin Première.

Le bébé de sept mois des parents accusés est décédé de déshydratation et de dénutrition, après avoir été exclusivement nourri au lait végétal pendant quatre mois. Sans avis médical, ils avaient estimé que leur enfant était intolérant au lactose. Au moment de son décès, ce bébé pesait à peine plus de 4 kilos.

Quinoa, amandes, sarrasin, châtaignes, épeautre… les laits végétaux sont très à la mode en ce moment. Mais ces laits vendus en grande surface n’ont de lait que l’appellation. Ce sont en réalité des "eaux végétales". Des jus ou, parfois, des purées. Et ce ne sont en aucun cas des préparations infantiles qui, elles, sont régies par un règlement européen et soumises à un cahier de charge très strict. Pourtant de plus en plus de parents se tournent vers ces jus végétaux comme alternative au lait en poudre pour bébé.

Le lait, depuis la nuit des temps

Pendant des millénaires, les humains ne se sont pas posé la question: nous sommes des mammifères et les bébés étaient nourris au lait maternel. Sans quoi leurs chances de survie étaient compromises. Les tentatives de recourir à des laits d’animaux ont été peu concluantes. Complètement indigestes, inadaptés et souvent contaminés par des bactéries ils causaient des infections mortelles. De tout temps et dans toutes les cultures, une maman qui ne pouvait allaiter faisait appel à une autre femme allaitante, une nourrice.

Nestlé et les laits maternisés

Avec l’avènement de l’ère industrielle, les femmes qui travaillent envoient leur enfant au loin chez une nourrice. Mais souvent, par appât du gain ces nourrices allaitaient trop d’enfants à la fois et leur donnent aussi du lait de vache dans des conditions d’hygiène déplorables. On estime que les 2/3 des enfants décédaient. Une mortalité qui activa la recherche.  Au XXème siècle, des industriels, Henri Nestlé en première ligne, mettent au point des laits maternisés à base de lait de vache mais dont la composition se veut la plus proche possible du lait maternel.

Aujourd'hui ces préparations, indispensables car le lait de vache n’est adapté ni au niveau nutritionnel ni au niveau digestif, ne s’adressent pas aux enfants de moins de trois ans.

Aujourd’hui, ces laits font l’objet de plus en plus de critiques. Ils contiennent des produits nocifs comme l’huile de palme et des conservateurs. Et aussi, un petit pourcentage des bébés sont intolérants au lactose ou allergiques aux protéines de lait. Et enfin, certains parents qui veulent appliquer leur régime végétarien ou végétalien à leur enfant, dès la naissance.

Les risques à éviter

Le premier conseil à donner est de ne jamais donner aux bébés ces ‘laits’-jus végétaux vendus en grandes surfaces comme substituts. Pour les scientifiques, l’utiliser comme alternative au lait maternel ou au lait pour bébé s’apparente bien à de la maltraitance infantile.

Des conséquences dramatiques

Dans sa première année de vie, le nourrisson connaît une phase de croissance rapide. Cette période nécessite des apports alimentaires précis. Les boissons végétales ne sont pas assez caloriques et présentent des apports nutritifs déséquilibrés. Elles manquent de lipides, et leur teneur en protéines et en calcium n’est pas adaptée aux besoins de l’enfant. Les conséquences peuvent être dramatiques:  malnutrition,  problèmes de croissance,  troubles cognitifs et parfois même donc la mort.

En cas d’intolérance au lactose

Que faire en cas de d’allergie aux protéines de lait de vache ou d’intolérance au lactose ? D’abord en parler avec son médecin. Le diagnostic doit être fait au niveau médical et non découler d’impressions d’inconfort.

Il existe des préparations infantiles spécifiques pour ces cas précis, de même que des préparations respectant la réglementation européenne, à base de protéines de soja ou de riz qui répondent aux besoins des bébés. Mais cela n’a rien à voir avec les jus végétaux

Le régime omnivore, où l’on mange de tout mais en proportions raisonnables est le régime qui convient le mieux aux enfants en pleine croissance. Un régime végétarien, surtout végétalien (sans oeufs et sans lait), implique beaucoup d’exclusions et donc inévitablement le risque de carences. Par exemple en vitamines B12, indispensables au fonctionnement du système nerveux. Les parents qui veulent appliquer un tel régime à leur enfant ne peuvent laisser la place à l’improvisation , mais doivent, au contraire, en parler à leur médecin pour pallier au mieux les carences.

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