Mort d'Adama Traoré: une expertise médicale exonère les gendarmes, deux ans après

Le comité de soutien, menée par Assa Traoré, soeur aînée de la victime, a annoncé qu'une manifestation aurait lieu ce samedi.
Le comité de soutien, menée par Assa Traoré, soeur aînée de la victime, a annoncé qu'une manifestation aurait lieu ce samedi. - © FRANCOIS GUILLOT - AFP

Plus de deux ans après la mort d'Adama Traoré lors de son interpellation en France, une ultime expertise médicale a écarté ce mardi la responsabilité des gendarmes, sans convaincre la famille de la victime qui continue à dénoncer un "déni de justice". Deux heures après avoir été interpellé, Adama Traoré, un jeune homme noir de 24 ans, était décédé le 19 juillet 2016, dans la cour de la gendarmerie de Persan, près de Paris.

L'affaire avait entraîné cinq nuits de violences dans plusieurs villes et suscité une polémique en France, alimentée par l'annonce tardive du décès et la communication contestée du procureur de l'époque.

Le comité de soutien, menée par Assa Traoré, soeur aînée de la victime, a jugé la conclusion de l'expertise "erronée et mensongère", et annoncé qu'une manifestation aurait lieu ce samedi.

Quelque 1.500 personnes avaient défilé en hommage à Adama Traoré en juillet en banlieue parisienne pour dénoncer la lenteur de la justice, lors d'une manifestation où toutes les formations de gauche étaient représentées.

Le jeune homme souffrait de drépanocytose, selon les médecins

La famille accuse les gendarmes de ne pas avoir porté secours au jeune homme, laissé menotté jusqu'à l'arrivée des pompiers.

Les conclusions de ce rapport "confortent les déclarations" des gendarmes, "qui ont toujours indiqué n'avoir jamais commis de violences et n'avoir aucune responsabilité dans le décès d'Adama Traoré", a réagi auprès de l'AFP Rodolphe Bosselut, l'avocat de deux des militaires qui ont interpellé le jeune homme.

Les quatre médecins, à qui cette expertise a été confiée en janvier, ont confirmé que le jeune homme souffrait d'une "drépanocytose", une maladie génétique héréditaire de l'hémoglobine, et de "sarcoïdose", une maladie rare qui touche principalement les poumons. Or, cette maladie l'a exposé "à un risque d'hypoxémie d'effort", autrement dit à une diminution anormale de la quantité d'oxygène contenue dans le sang, qui, associé au stress et à la chaleur, lui aurait été fatale.

Le jeune homme avait été interpellé après une course-poursuite d'environ 15 minutes, sous une forte chaleur.

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