Mons: un projet pilote pour lutter contre le cyber-harcèlement

Véritable fléau, le cyber-harcèlement touche un jeune sur trois. Le grand nombre  de victimes s’explique par le nombre important d’addicts aux nombreux dispositifs d’échanges accessibles sur smartphone, portable ou PC: des simples sms aux messages sur Facebook en passant par les mails ou par snapchat, les vecteurs d’harcèlement ne manquent pas.

Devant l’explosion de ce phénomène, le Député wallon Nicolas Martin (PS) a réagi en lançant un projet pilote sur le sujet. Cible de l’étude: 1518 élèves qui fréquentent onze écoles secondaires de la région Mons-Borinage.

Protéger les jeunes adolescents

À l’athénée royal de Mons, toutes les classes de deuxième secondaire ont participé. Dans une première phase, il s'agissait d'écouter les élèves en présence d'une juriste et d'une psychologue, explique la préfète Françoise Colinia "Je me suis dit que les élèves de seconde étaient les principaux intéressés. Nous, nous sommes complétement dépassés par cet univers d’internet ! J’ai réuni les professeurs de cours philosophiques, car je pense qu’ils ont un autre rapport avec les élèves. Une réunion s’est tenue avec les élèves en présence d’une juriste et d’une psychologue et des ateliers d’une durée fixée à deux heures par rapport aux dangers d’internet ont été organisés. Lors de ces rencontres, ils ont pu poser des questions sur le cyber harcèlement".

"On a pris conscience qu’il y avait autant d'élèves victimes du cyber harcèlement parce que quand ils ont 13,14 ans ils sont un peu flattés d’avoir des mails et ils ne se rendent pas toujours compte des dangers et c’est là que je trouve le projet intéressant car suite à cela nous avons dégagé deux professeurs ressources. Ces deux personnes sont donc devenues les référents de nos élèves en cas d’interrogation sur le cyber harcèlement et le cas échéant, la rencontre se passe entre l’élève et ce professeur".

Favoriser le contact avec une personne ressource

Si la préfète a fait le choix d’employer deux personnes différentes c’est pour favoriser le contact. Certains élèves iront plus volontiers se confier vers le référent avec lequel ils ont un meilleur contact, d’autres par contre préféreront confier une situation gênante à un professeur qu’ils ne connaissent pas parce qu'ils auront l’impression de se sentir moins jugés. À cet âge, ce sont encore des enfants, la démarche n’est pas évidente à faire.

Françoise Colinia précise qu’avec le corps professoral, l’Athénée de Mons continue la formation avec l’UMons et le professeur Humbeek et que ces rencontres sont génératrices d’importantes découvertes. "Nous avons ici des élèves qui n’ont pas encore douze ans! Il y a tout un fossé qu’il faut prévenir. Avant, quand vous arriviez à l’école, vous n’aviez pas de téléphone, pas internet, il y avait une coupure. Aujourd’hui, tout le monde a son smartphone et aux intercours ils envoient des messages, c’est non-stop, il n’y a plus de différence entre le jour et la nuit, l’école et la vie privée, c’est non-stop qu’on peut être joint, et donc harcelé!"

Un outil pour appeler au secours

Identifier le problème est une chose, mettre en place les solutions pour le résoudre en est une autre. Ici, par exemple, une application pour smartphone a été initiée : il s’agit d’un bouton d’alerte rouge à destination des élèves. " Lorsqu’ils ouvrent cette application, les jeunes ont la possibilité d’introduire une explication du harcèlement qu’ils ont vu, explique Xavier Bastin, directeur du Microsoft Innovation Center. Quand cette explication est envoyée au système, celui-ci va avertir une personne en charge de la gestion de ce problème dans l’école. Après en avoir pris connaissance, la personne va pouvoir jauger le niveau d’urgence du problème et son importance et organiser un groupe de travail en fonction de ces deux critères. De son côté, l’élève est au courant que sa demande a été enregistrée et qu’elle est traitée. L’avantage du système c’est non seulement que l’information circule rapidement mais qu’elle est en plus traitée en toute confidentialité ".

 

 

 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK