"Mon cri", l'initiative d'Amnesty International pour que les jeunes se fassent entendre

Les témoignages se bousculent depuis un moment et beaucoup tirent la sonnette d’alarme sur la santé mentale des jeunes dans ce contexte de crise sanitaire. C’est ce constat qui a poussé Amnesty International à agir et a créé une plateforme pour que les jeunes de Bruxelles et de Wallonie puissent eux aussi être les acteurs de leur avenir et améliorer leur vie actuelle.

"Mon cri" leur offre la possibilité de s’exprimer et de proposer des solutions concrètes de changement en répondant à ces questions par exemple "si tu as besoin d’une mesure pour améliorer ta condition en ces temps difficiles, laquelle est-ce ? Si tu étais un ou une responsable politique, tu ferais quoi ?". Les jeunes peuvent donc donner leur avis par écrit mais aussi sous forme de message audio ou vidéo. Ils peuvent également partager le lien d’un post Instagram ou Tik Tok avec le hashtag #moncri.

Une initiative "née dans l’urgence"

Soutenue par de nombreux partenaires comme, par exemple, la Ligue des familles, les Scouts ou encore la Fédération des Maisons de Jeunes en Belgique francophone, l’initiative d’Amnesty "est clairement née dans l’urgence" selon la responsable du programme jeunesse, Marine Jeannin. "On a reçu beaucoup de témoignages de jeunes qui ne se sentaient pas bien et qui n’étaient pas interrogés lorsqu’il s’agissait de proposer des solutions. On trouvait qu’ils étaient absents du débat sur des questions qui les concernaient." L’envie d’Amnesty est donc "de leur servir de caisse de résonance pour pouvoir relayer leur parole auprès des autorités compétentes."


►►► Lire aussi : Pourquoi les jeunes profs décrochent-ils aussi rapidement ?

 

Mais l’initiative dépasse la plateforme. Le foyer des jeunes des Marolles a, par exemple, organisé ce 18 février une rencontre avec les jeunes de ce quartier pour qu’ils participent au débat. Ils étaient invités à discuter, à donner leur ressenti et leurs idées. Une de leur principale préoccupation concerne les cours à distance. "Avec les cours en ligne, on apprend beaucoup moins bien. Et les profs vont continuer à nous noter comme les années précédentes. Je trouve cela injuste qu’on n’en tienne pas compte" explique Victoire, 16 ans. "Au début, j’étais contente d’avoir des cours à distance. Mais c’est devenu compliqué. Je me dis que c’est mieux d’aller à l’école plutôt que d’avoir une semaine en présentiel puis une en distanciel" confie Kadija, 17 ans.

Quand on est une famille nombreuse dans un petit appartement, on ne se retrouve pas seul dans notre chambre

Sans compter la difficulté de se concentrer à domicile, "c’est difficile de ne pas aller sur Facebook, prendre son téléphone ou aller faire autre chose. A l’école, on est là, on écoute, on participe" pour Paola, 23 ans. "Et puis, quand on est une famille nombreuse dans un petit appartement, on ne se retrouve pas seul dans notre chambre. On a nos petits frères qui dorment avec nous donc ça peut être compliqué" explique Kadija.

L’initiative "Mon cri" a séduit Rémy Claes, l’animateur principal du foyer des jeunes des Marolles. "Quand on fait un atelier, ils prennent conscience qu’il y a des solutions et qu’il y a certaines choses qu’ils peuvent faire. Le simple fait d’être ici et de leur dire que l’on écoute leurs idées, c’est déjà leur donner de l’importance."

Des solutions par les jeunes et pour les jeunes

Parmi les pistes de solutions de ces jeunes, ils évoquent la possibilité d’adapter les programmes scolaires, donner accès aux masques et au gel hydroalcoolique gratuitement, d’ouvrir les restaurants et les salles de sport avec un système de réservations et un nombre limité de personnes ou encore que les médias relayent des informations plus positives.

L’objectif d’Amnesty International est de pouvoir transmettre une série de solutions proposées par les jeunes aux autorités compétentes autour du 17 mars, soit un an jour pour jour après le premier jour du confinement.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK