"Mokusatsu", l'erreur de traduction américaine qui a détruit Hiroshima

Le site Slate consacre un dossier fouillé à un fait historique peu connu. Pour mettre fin à la guerre du Pacifique, les Alliés envisageaient de lancer un énorme débarquement baptisé "Opération Downfall". Le jour J serait le 1er novembre.

Mais quelques mois avant l'attaque ultime, l’Empire du Levant reçut une demande de reddition en forme d’ultimatum. Le Japon voulut y répondre de manière ambigüe par le mot "Mokusatsu" qui avait la particularité d’avoir plusieurs sens: "Ignorer avec mépris" ou "sans commentaire ".

Un mot qui devait permettre de gagner du temps

Le Japon cherchait à l’époque à négocier une reddition en sauvant l’Empire et comptait pour cela sur l’aide de la Russie. Il lui fallait donc gagner du temps par une réponse équivoque, et "Mokusatsu" semblait convenir à merveille.

Une note de la NSA explique aujourd’hui comment cette mauvaise traduction fut considérée comme "un exemple typique de leur esprit fanatique et kamikaze", alors que ce mot avait été choisi par les diplomates nippons pour calmer l’armée japonaise tout en ménageant les Alliés.

La mauvaise traduction du document par les Alliés eut, au contraire pour effet de convaincre le président Truman qu’il ne servait plus à rien de discuter et qu’il fallait prendre une décision rapide. A la perspective de lancer un vaste débarquement le 1er novembre, il préféra donc le largage immédiat des bombes atomiques qu’il savait prêtes à l’emploi. Et ce furent les deux champignons nucléaires sur Hiroshima, le 6 août, puis Nagasaki, le 9 août.

L’article de Slate conclut en disant que " L'Histoire est émaillée d'erreurs de traduction aux conséquences diplomatiques plus ou moins graves, Mais jamais avant ‘Mokusatsu’ un quiproquo n’était devenu casus belli. "

Ambiguïté russe

Tout dernièrement, les déclarations du Président Poutine concernant le "statut étatique" de la zone (prorusse) d’Ukraine aurait également été une mauvaise traduction. Son porte-parole Dmitri Peskov a déclaré qu’il ne s’agissait "absolument pas" de donner le statut d’un Etat aux régions rebelles, mais de prendre en compte leurs intérêts. En politique, L’expression " ne pas pouvoir s’entendre " prend souvent tout son sens.

RTBF

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