Moins nocive, l'e-cigarette pourrait "sauver des millions de vies"

Une personne fume une cigarette électronique
Une personne fume une cigarette électronique - © FRANCK FIFE

Le passage des fumeurs traditionnels à la cigarette électronique pourrait sauver des millions de vies, ont suggéré mardi à Londres plusieurs intervenants à une conférence internationale sur le sujet, tout en soulignant la nécessité de recherches plus approfondies.

"Les cigarettes tuent 5,4 millions de personnes chaque année dans le monde", a rappelé Robert West, directeur des études sur le tabac au centre britannique de recherches sur le cancer, Cancer Research UK.

Il s'exprimait lors d'une des conférences du sommet sur l'e-cigarette - appareil qui délivre une vapeur aromatisée avec de la nicotine - qui réunissait mardi à la Royal Society de Londres près de 200 médecins, chercheurs, spécialistes de politique de santé publique et industriels.

Le passage à l'e-cigarette pour les fumeurs "pourrait sauver des millions de vies", a-t-il affirmé en précisant que près d'un tiers des personnes qui tentent d'arrêter de fumer ont recours à des cigarettes électroniques.

Le docteur Jacques Le Houezec, un spécialiste français des questions de santé publique et de la dépendance au tabac, a également déclaré lors de cette journée de conférences que, bien que l'e-cigarette contienne des substances nocives, leur présence est entre neuf et 450 fois plus faible que dans les cigarettes classiques.

Oui mais: "Le développement de l'e-cigarette va plus vite que la science"

Deborah Arnott, directrice générale du groupe de pression anti-tabac Action on Smoking and Health (ASH) a également jugé que les e-cigarettes avaient "un potentiel significatif" parce qu'elles "sont beaucoup moins nocives que les cigarettes traditionnelles" et qu'elles attirent les fumeurs "en premier lieu comme un moyen d'arrêter de fumer".

"Mais pour le moment, ces produits nécessitent d'être réglementés parce qu'il y a une réelle inquiétude sur le fait que leur innocuité ne soit pas garantie sans réglementation", a-t-elle ajouté.

"Le développement de l'e-cigarette va plus vite que la science", a-t-elle mis en garde, estimant que s'il y a des éléments "cancérigènes dans ces e-cigarettes, on ne verra aucun effet immédiatement mais dans 10, 15 ou 20 ans, les gens en mourront".

Elle a également pointé l'intérêt grandissant des entreprises de tabac traditionnel : "Si tout le monde passe à la cigarette électronique, elles perdraient leur marché donc elles se doivent d'être présentes. Nombre des plus gros fabricants d'e-cigarettes ont déjà été rachetés", a-t-elle dit.

Un projet européen pour classer la cigarette électronique comme médicament dans le cadre d'un texte anti-tabac a été rejeté début octobre par le parlement de Strasbourg.

AFP

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