Moins de viande dans nos assiettes, plus de graines

C'est une ritournelle sans fin. Comment diminuer notre consommation de viande? Comment compenser cette diminution dans notre alimentation? Deux amis se sont lancé dans la production de graines. Nouvelles ou parfois oubliées, ils veulent que la part de nos champs directement destinés à la consommation humaine décolle.

Octobre 2017. C'est le moment, le temps est parfait pour récolter le millet. Une moissonneuse parcourt les hectares de cette culture assez unique en Belgique: "Le millet a été très cultivé en Europe et puis peu à peu oublié chez nous, détaille Eddy Montignies, Co-fondateur de Graines de curieux. C'est pourtant un plante bien adaptée à nos régions, elle résiste très bien à la sécheresse et couvre bien le sol. Nous notre objectif c'est que les sols restent couverts, que les rotations soient bonnes et cette plante, qui peut se semer tardivement, permet, par exemple, de compenser une autre culture qui aurait échoué".

De la graine à la graine

Aujourd'hui une immense partie de notre agriculture conventionnelle finit dans les mangeoires du bétail. Les céréales, le maïs iront engraisser les porcs, les bœufs ou donner l'énergie nécessaire à la production des vaches laitières. Le pari de Graine de curieux, c'est de rediriger ces parcelles et leur production directement vers l'alimentation humaine: "Le millet peut se transformer en hamburgers végétariens, nous avons lancé du quinoa, de plus en plus en vogue, nous produisons des huiles mais aussi des produits non-transformés comme les lentilles, le petit épeautre". En tout, 10 productions. La petite entreprise veut en lancer deux nouvelles chaque année pour continuer d'innover.

Mais l'innovation fait peur, notamment aux agriculteurs qui ont besoin d'être séduits: "Je suis convaincu des avantages de ce type de culture, explique Christian Schiepers, agriculteur à Wanze. Ici, nous semons deux variétés en même temps, de la lentille noire et de la caméline. C'est encore expérimental mais elles vont bénéficier chacune de la présence de l'autre". Impression confirmée par Eddy Montignies: "La lentille est une légumineuse capable de fixer l'azote et de fertiliser le sol, la caméline va elle servir de tuteur à la lentille qui est une plante rampante. Sur une seule surface, ce sont donc deux productions en même temps".

La combinaison de la demande en constante augmentation pour le bio mais aussi l'essor de la consommation de produits et de protéines végétales confortent la petit entreprise. Leur prochain défi: maîtriser toute la chaîne de la graine du champs à la graine dans la bouche du consommateur à l'aide d'investissements dans les outils. 

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