Mohamed Abdeslam sur son passé judiciaire: "Une grosse erreur de jeunesse"

Mohamed Abdeslam :
Mohamed Abdeslam : - © Tous droits réservés

Le frère de l'homme le plus recherché d'Europe, Mohamed Abdeslam, est apparu sur nos écrans le mardi 17 novembre, quelques jours après les attentats de Paris. Le frère de Brahim décédé dans son opération kamikaze, et de Salah, suspect recherché dans ce dossier par les autorités belges, avait été arrêté avec 6 autres individus au lendemain des attentats de Paris. Il avait été relâché deux jours plus tard en raison d'un alibi qui le couvrait. 

Depuis, celui qui est employé à la commune de Molenbeek avait fait plusieurs sorties dans la presse, notamment pour parler de sa famille qu'il a qualifié "d'ouverte". Mais aussi pour affirmer n’avoir rien "détecté" chez ses frères et n’avoir jamais été au courant de quoi que ce soit concernant les événements tragiques de Paris. Il avait également appelé son frère Salah à se rendre. 

"Nous n'avons jamais eu de problèmes avec la justice"

Celui qui s'exprime avec calme et retenue avait aussi été invité sur le plateau des "Décodeurs", où il expliquait qu'un soir, en rentrant du travail, il avait discuté avec sa mère qui lui avait alors appris que ses frères étaient "partis en voyage d'hiver, au ski". Et que sa mère les avait crus "naïvement".

Dans sa première interview, accordée le 16 novembre, il avait également déclaré : "Nous n'avons jamais eu de problèmes avec la justice". 

Mais aujourd'hui son nom réapparaît dans une affaire datant de 2005, impliquant des ambulanciers condamnés pour avoir détroussé des cadavres. Mohamed Abdeslam, âgé de 18 ans à l'époque des faits, avait été condamné à deux ans de prison avec sursis dans le cadre de cette enquête. Un dossier sans aucun rapport avec le terrorisme.

Grosse erreur de jeunesse

En 2005 plusieurs ambulanciers sont suspectés de détrousser les personnes qu’ils transportent lors des transferts vers la morgue ou le funérarium. Il s’agit soit de blessés inconscients ou le plus souvent des dépouilles mortelles de personnes âgées. Quatorze cas sont recensés et en 2010, sept personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel.

Parmi celles-ci, il y a Mohamed Abdeslam. Il sera condamné par défaut à une peine de deux ans de prison avec sursis. Le principal intéressé évoque aujourd’hui une époque où il "ne réfléchissait pas trop". "C'est une affaire qui date de plus de 11 ans et des faits commis à l'âge de 18 ans. J'étais encore un jeune garçon immature et pas très responsable", il invoque une "grosse erreur de jeunesse".

Steward à Laeken, puis employé à la commune de Molenbeek, Mohamed prétend ne plus avoir jamais fait parler de lui sur le plan judiciaire. Il dit ne pas comprendre l'intérêt qui se porte sur son passé judiciaire trouble et sur des faits qui datent de plus de 10 ans.

Salah, toujours en fuite

Craignant l’amalgame entre ces deux affaires judiciaires, le jeune homme évoque l'enquête en cours : "On parle d'affaires très graves, d'attentats, de 130 personnes qui ont été massacrées à Paris, on parle de mon frère (Salah) qui est toujours en fuite et dont on a aucune nouvelle."

Concernant son frère Salah, Mohamed Abdeslam doute qu'il soit reparti en Syrie. "Ce serait quand même étonnant qu'il ait pu rejoindre la Syrie avec tout ce qu'on entend aujourd'hui, avec sa tête affichée à toutes les frontières". Il n'exclut donc pas que Salah soit resté "dans sa zone de confort".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK