Mode: Vogue plaide pour un retour aux mannequins plantureuses

Q : Les rédactrices en chef des 19 éditions internationales de Vogue se sont engagées à ne plus employer de mannequins trop jeunes ou trop maigres et encourager l'hygiène de vie et la santé; la mode elle-même était-elle en cause ?

R : On s'est rendu compte, il n'y a pas très longtemps, qu'à la retouche numérique des photos, on faisait l'inverse de ce qu'on faisait il y a quelques années : on regrossit, on +re-pulpe+ les filles et c'est une alerte. C'est important de se sentir concerné par la santé des gens avec qui on travaille. Il faut associer les créateurs à cette démarche, les prototypes en taille 36 qu'ils offrent sont beaucoup trop petits pour les mannequins des podiums et tout part des défilés. Avec des vêtements de plus en plus étriqués, il faut bien trouver des filles qui rentrent dedans... Alors si déjà les prototypes étaient conçus une taille au dessus, cela arrangerait tout le monde.

Q : Et Vogue doit montrer l'exemple ?

R : Les images de mode restent des exemples pour les jeunes filles. On essaie de remettre des limites aux +petits+ dérapages qu'il peut y avoir dans la mode, ne pas faire travailler des mannequins en dessous de 16 ans, parce que ce sont des enfants. Il faut qu'on se mette main dans la main avec les créateurs et les photographes pour tenir tous ce même discours. Chez Vogue, on veut que l'identification des jeunes filles aux images de mode se fasse sur des bases saines, sur des corps normaux de filles normales, en âge de travailler. J'adorerais qu'on revienne aux années 90, quand les mannequins les plus en vue étaient Claudia Schiffer, Linda Evangelista, Cindy Crawford ou Naomi Campbell, des femmes plantureuses qui avaient deux tailles de plus que les filles de maintenant. Elle avaient de la poitrine, elles avaient des fesses, elles avaient des cuisses. On considérait qu'elles avaient des corps idéaux, ces filles n'ont pas été remplacées en terme d'icônes.

AFP

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