Mobilité : Uber est mort ! Vive Uber !

Manifestation de taximen à Budapest
Manifestation de taximen à Budapest - © Tous droits réservés

Uber Pop est mort en septembre 2015. Une décision de Justice a interdit l’exploitation du service. Cette plate-forme numérique, basée aux États-Unis, permettait de commander une voiture banalisée à partir d'un smartphone. Elle vous emmenait là où vous le souhaitiez comme un taxi traditionnel mais sous l'étiquette de covoiturage. Le paiement ne pouvait se faire que par carte de crédit. La course était, a priori, moins onéreuse. Le chauffeur Uber était, en principe, un particulier qui "jouait" au taxi pour arrondir ses fins de mois.

Uber Pop, un péril pour le secteur des taxis professionnels

Problèmes : l’activité profitait d’un vide juridique, le risque de transactions non déclarées était réel, les chauffeurs n’étaient pas soumis aux mêmes contraintes que le taximen professionnels… La Justice l'a donc interdit. Pour Pierre Stenberg, secrétaire général du Groupement des voitures de taxi et de location, Uber Pop a créé de nombreux dommages à la profession : "Uberpop nous a fait très mal en 2014 et 2015. La décision de Justice en septembre 2015 nous a redonné une bulle d’oxygène. Les chauffeurs de taxi de Bruxelles se sont sentis libérés. Ils ont repris une bonne part de marché et ils ont pu refaire leurs chiffres d'affaires dans les mois qui ont suivi la disparition d’Uber Pop. On avait perdu 20 % de chiffre d'affaires avec ce système, les attentats, la crise dans l'horeca et le tourisme à Bruxelles. Le secteur du taxi a donc bien résisté par la suite, mais ce répit va être de courte durée avec la présence d’Uber X et Uber Black".

Uber X et Uber Black sont toujours là…

Uber X et Uber Black sont des services de location de voitures avec chauffeurs. Il rétrocèdent toujours 20 à 25 % de leur profit à Uber. Et cette fois, les chauffeurs sont indépendants et vous proposent des véhicules de plus haute gamme. Ils disposent d'une licence et d'un véhicule immatriculé mais ils ne sont pas assimilés, fiscalement et légalement, à des chauffeurs de taxis bien que leur activité soit quasiment identique. Jean-Michel Courtois, directeur administratif des Taxis verts, y voit une concurrence déloyale : "C’est intenable, pour le secteur taxi ! Est-ce que n'importe qui peut être un chauffeur de taxi ? Non ! Les règles sont très contraignantes, il y a un accès à la profession, il y a une législation régionale, une obligation de formation pour avoir accès au statut de chauffeur de taxi et des contrôles médicaux".

1250 taxis officiels à Bruxelles

On compte 1250 taxis officiels enregistrés auprès de la Région bruxelloise qui contrôle ce secteur. Dans un récent communiqué, la société Uber annonçait que des "centaines de chauffeurs" roulaient pour Uber et auraient transporté 47 000 passagers. Pour Pierre, chauffeur de taxis que nous avons rencontrés dans le quartier Montgomery, la coupe est pleine: "Ils ont légalisé Uber. Ça n'a rien changé. On a l'impression qu'il y a plus de taxis Uber que de taxis traditionnels. C'est un manque-à-gagner pour nous. Ils nous ont pris une part de la clientèle !".

Grincements de dents aussi chez les "Uberistes"

Ça coince aussi du côté des chauffeurs Uber. Certains se sont endettés pour acheter un véhicule. C’est le cas d’Alain que nous avons rencontré : "Au début, quand on a commencé, ça marchait bien. Nous étions motivés à prendre notre crédit voiture mais aujourd'hui cela ne marche plus. Le problème c'est que Uber engage trop de chauffeurs sans faire de publicité, donc on manque de clients. En fin de compte, on est tombé dans un piège ! Il faut travailler minimum 14 à 15 heures par jour pour rentrer dans nos frais".

La Justice de nouveau sollicitée

Le porte-parole de Uber pour la Belgique était en conférence à l'étranger et nous n'avons pas pu lui poser toutes nos questions. Toutefois, une plainte a été déposée par des sociétés de taxis contre la firme américaine. En l'état, Uber est donc toujours bien en activité sur le sol belge, en attentant une décision de la Justice...

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