Mobilité: les entreprises boudent l’avion, jugé ni écolo ni rapide

Les voyages d’affaires en avion sont en train de diminuer drastiquement en Europe : - 9% en cinq ans selon le tout dernier chiffre d’Eurostat. Pour les vols intérieurs, au sein d’un même pays, c’est encore plus net : les vols dits business diminuent d’un tiers à 30%. Tout ça alors que les voyages en avion pour les loisirs continuent de progresser. Le contraste est évident dans des chiffres publiés ce lundi sur les voyages en avion des Européens. Les vols de loisirs continuent de progresser, en particulier pour les city trips, les courts séjours d’un à trois jours : + 42% entre 2012 et 2017. Ce n’est pas vraiment une surprise. Par contre, effectivement, les vols qualifiés de business, les voyages en avion pour motif d’affaires, chutent sérieusement : presque – 10%.

Pour une fois, ce n’est pas l’explosion des vols low cost qui en est la cause. Il s’agit bien d’une tendance de fond, moins de voyages d’affaires en avion, et surtout moins de vols intérieurs, donc intérieurs à l’Espagne, à la France, à l’Allemagne : plutôt effectivement les grands pays européens, puisque pour la Belgique, soyons clairs, les vols intérieurs n’existent de toute façon pas.

On est loin d’une diminution de presque 25% des vols d’affaires comme on l’avait connue au plus fort de la crise économique de 2008-2009. Nous ne sommes donc pas face à un indicateur d’une baisse de l’activité économique. D’ailleurs, selon le spécialiste du voyage d’affaires, BCD Travel, le marché serait resté stable en Belgique sur les trois dernières années. Ce qui expliquerait donc cette baisse, c’est bien un mélange de facteurs. « Pour des raisons de respect de l’environnement, on a voulu mettre en place des structures qui permettent de limiter la consommation carbone au sein de grandes entreprises ou de grandes multinationales », explique Jean Collard, consultant pour Whetstone Investments et expert en aéronautique.

Il est extrêmement compliqué d’arriver à l’heure

« On sait également qu’en termes de transport aérien, le ciel européen est actuellement particulièrement bouché, ajoute le consultant. Il est donc extrêmement compliqué d’arriver à l’heure, et donc, par ce fait même, les grandes entreprises ont déjà tendance à prendre du recul par rapport à l’avion, qui est un peu le transport miracle, et à se tourner de plus en plus vers du transport rapide, d’ailleurs aussi rapide que l’avion, surtout pour des distances inférieures à 700 kilomètres, et se tournent de plus en plus vers le chemin de fer, et particulièrement les trains à grande vitesse. »

Un mélange donc d’un ciel européen de plus en plus obstrué et d’une efficacité du train dans certains pays, en particulier un train qui est désormais réputé plus rapide pour les distances inférieures à 700 km. On pourrait penser que les vidéoconférences peuvent aussi servir à faire baisser le nombre de voyages. Mais de l’avis unanime de tous les observateurs du transport et des voyages d’affaires, ces vidéoconférences ne sont encore qu’un facteur secondaire dans ce qui apparaît aujourd’hui plutôt comme une réduction des coûts pour les entreprises, une réduction du nombre de voyages, et en même temps un glissement de l’avion vers le train.

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