Mobilité: le marché des véhicules partagés souffre-t-il de maladies de jeunesse?

Des vélos électriques partagés à Madrid
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Des vélos électriques partagés à Madrid - © GERARD JULIEN - AFP

Quel avenir pour les véhicules partagés? Vandalisme et individualisme auront-ils raison des sociétés qui proposent voitures, scooters, vélos, trottinettes ou autres en libre-service? Ou bien ce modèle est-il en train de faire ses maladies de jeunesse? 

A Bruxelles, il existe plusieurs formules de partage de vélos. Le service Villo! (qui travaille en partenariat avec Bruxelles Mobilité et la STIB) est géré par JCDecaux. Des nouvelles stations sont implantées chaque année, Villo! est en progression régulière et a récemment dépassé les 12 millions de trajets réalisés depuis sa création.

Blue-Bike (qui travaille en partenariat avec la SNCB et De Lijn) possède des stations de location dans les gares. Il existe également des vélos partagés sans borne fixe: l'utilisateur peut prendre la bicyclette et la laisser après usage n'importe où (dans un périmètre délimité). Il la localise grâce à une application pour smartphone. C'est ce que propose oBike. Et ce que proposait jusqu'il y a quelques mois GoBee.bike: ce service a été interrompu, en Belgique et en France, suite au "vandalisme et au dégâts causés" à la flotte de vélos.

Billy Bike teste une formule de vélos électriques sans borne fixe, aussi localisables via une application.

Scooty offre des scooters électriques partagés en libre-service à Bruxelles et Anvers. Et dès le 29 juin Troty proposera des trottinettes électriques à Bruxelles à partager en rue, ou dans des lieux privés de partenaires.

L'offre de voitures partagées s'est étoffée au fil des années autour du leader historique Cambio, qui avait été développé par Taxistop, la SNCB, la STIB, TEC et De Lijn. Il y a 290 stations Cambio dans 30 villes belges.

A Bruxelles il y a cinq opérateurs de car sharing : Cambio, DriveNow, Ubeeqo, Zen car et Zipcar. Les véhicules Cambio, Ubeeqo et Zen Car se trouvent dans des stations fixes. DriveNow et Zipcar fonctionnent avec des applications qui permettent de localiser les voitures. Jusqu'au 22 septembre 2018, ces cinq opérateurs proposent de tester leurs véhicules partagés.

Les avantages des voitures partagées sont nombreux, surtout en milieu urbain. Pour l'usager : pas de frais fixe, ni assurance, ni taxe annuelle, ni frais d'entretien. Il peut aussi disposer d'un véhicule adapté à ses besoins. Et le parking n'est plus un problème. Pour la société : moins d'embouteillages, moins de pression automobile et moins de pollution. Selon les autorités bruxelloises, durant 95% du temps, les voitures sont stationnées à Bruxelles et un tiers du trafic dans les quartiers résidentiels de la capitale est dû à la recherche d'une place de stationnement.

Les vélos, scooters ou trottinettes partagées peuvent être un moyen de transport complémentaire au train ou au métro. Mais l'exemple de GoBee.bike montre que ces initiatives peuvent être brisées par le vandalisme ou la négligence. Aux Etats-Unis, les compagnies qui louent ces véhicules légers subissent des vols et des malversations, explique Numerama. Certaines municipalités américaines pénalisent les compagnies dont les vélos sont retrouvés dans endroits où ils gênent le passage.

Cadre réglementaire à Bruxelles

Le gouvernement régional bruxellois a décidé de son côté de réglementer les services de vélos partagés. Les plateformes proposant des vélos en libre-service et sans points de stationnement fixes seront responsables de la sécurité et de la dispersion de leurs bicyclettes dans la ville. Elles devront également gérer elles-mêmes la nuisance provoquée par leurs deux roues. Chaque bicyclette devra respecter des règles techniques en matière de sécurité et de confort, comme disposer d'un bon éclairage et d'un garde-boue et il sera interdit d'abandonner son vélo dans certaines zones de la capitale telles que la Grand-Place. Un seuil de concentration maximale de deux roues sera également fixé dans certains endroits de la ville, comme à proximité des gares par exemple. 

Des sociétés chinoises aux moyens colossaux, tels que Ofo et Mobike, s'apprêtent à lancer partout dans le monde, y compris en Europe, des services de vélos partagés peu coûteux, explique Les Echos. Le marché est donc amené à évoluer.