Mineurs étrangers cherchent familles d'accueil

"Nous pourrions l'emmener en vacances? Avons-nous le choix de l'école? Et pour les aspects financiers?" Des couples et des adultes seuls sont venus avec leur lot de questions, mardi soir, à une séance d'informations organisée à Bruxelles. Leur point commun? Ils envisagent d'accueillir chez eux un enfant ou un adolescent réfugié.  "Je ne peux pas rester les bras croisés devant l'actualité", explique un père de deux enfants, qui ajoute qu'il n'en n'est qu'au stade de la réflexion. "Mais nous avons une chambre libre à la maison, alors c'est quelque chose que nous envisageons".

Des enfants réfugiés de plus en plus jeunes

L'an dernier, 5000 enfants et adolescents sont arrivées seuls, depuis l'étranger. Rien qu'au mois de décembre, il y en a eu deux fois plus que durant toute l'année 2014. Ces réfugiés isolés (qui sont de plus en plus jeunes, 15% d'entre eux n'ont pas encore quinze ans) fuient des situations de conflits ou de maltraitance. Ils viennent la plupart du temps d'Afghanistan ou de Syrie, mais il y a aussi des Somaliens et des Guinéens. Leur nombre est tel que les structures d'accueil ne sont pas suffisantes.

C'est pour cela que l'association Mentor Escale s'est lancée, avec le soutien du secteur de l'Aide à la jeunesse en fédération Wallonie Bruxelles (et en collaboration avec Fédasil, l'agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile) dans ce projet de familles d'accueil pour les migrants mineurs. "Et aussi parce que, pour les plus jeunes, nous pensons que c'est une solution plus adaptée que les centres d'accueil collectifs", précise Bénédicte Adnet, la directrice de Mentor Escale. Le projet n'en n'est qu'à ses débuts : l'association (qui s'occupe par ailleurs depuis longtemps de mineurs étrangers isolés dans le cadre d'autres projets) vient seulement de lancer les premiers appels aux familles candidates : une centaine d'entre elles se sont déjà manifestées. 

Des jeunes fragilisés

A priori, aucune famille ne convient pas. L'âge, la situation du ménage, la présence ou non d'autres enfants : il n'y a pas de profil idéal, ni de situations à bannir. Mais les motivations doivent être les bonnes, le projet élaboré et précisé avec l'association, au fil des mois. "Certains projets s'arrêtent d'eux-même, parce que les familles ne se sentent pas prêtes", explique Bénédicte Adnet. C'est sûr qu'accueillir un mineur non accompagné, c'est un investissement important, et pour plusieurs années, parfois jusqu'à la majorité du jeune. Quelquefois plus tôt, si un regroupement familial peut se faire.

Mais dans tous les cas, il s'agit de faire une place dans la famille, "accueillir l'enfant, lui proposer un lieu chaleureux où il pourra vivre, se déposer, progressivement grandir, et mettre en place un projet. Ce n'est pas une adoption : la famille d'ailleurs, parfois, existe". La famille d'accueil ne devra pas non plus prendre en charge la procédure d'asile (le cas échéant) : un tuteur s'en chargera. 

"Les jeunes réfugiés isolés sont clairement des jeunes fragilisés, explique Bénédicte Adnet. Ils ont rencontré des difficultés au pays. Et le chemin de l'exil s'est souvent avéré traumatisant. Mais pour ce projet d'accueil en familles, nous allons essayer de ne pas cibler les plus vulnérables. Nous voulons qu'il y ait une vraie possibilité d'intégration. Il ne faudrait pas que la famille se trouve face à un jeune polytraumatisé par exemple". 

A ce jour, une centaine de familles a manifesté un intérêt pour le projet. Informations et renseignements: famille@mentorescale.be ou 02/505.32.32

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