Migrants: le chemin vers l'école pour chaque enfant

Une semaine à peine après l'ouverture du centre de la Croix Rouge pour demandeurs d'asile à Tournai, les responsables s'activent pour trouver une place dans les établissements scolaires pour chaque enfant en âge de scolarité.

La directrice en appui du centre, Evelyne Dogniez, souligne toute l'importance de l'école dans le parcours de ces jeunes: "Il est clair que la première chose, c'était manger, dormir et pouvoir répondre aux besoins primaires...mais la scolarité est une obligation légale et un facteur extrêmement important; notamment comme lien d'intégration et de structuration".  Deux écoles primaires (l'une du réseau libre, l'autre du communal) se sont proposées pour accueillir des enfants.

Le jour de notre visite, la préfète de l'Athénée Jules Bara venait aussi offrir ses services. Jusqu'à présent, onze adolescents devaient être scolarisés: sept arabophones, un serbo-croate et trois francophones.  Catherine Stalens s'est montrée d'une redoutable efficacité; en quelques minutes, le problème était réglé. 

Classe passerelle ou DASPA

Elle allait déposer une demande auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour obtenir un DASPA (dispositif d'accueil et de scolarisation pour des élèves primo-arrivants), qui permet une pédagogie adaptée à des élèves qui ne parlent pas le français.  Pour Madame Stalens, la scolarité est importante: "Ca rythme la journée, ça crée un réseau social, ça donne un but dans la vie.  Dans le centre, ce n'est pas le cas, ils ont en attente, ce n'est pas une vie normale".

Les parents intégrés dans le projet scolaire

Parallèlement à ces rencontres avec les directions d'école, les collaborateurs de la Croix Rouge rencontrent les familles afin de leur expliquer le système scolaire belge.  Abdelhac Bassam rend visite à un papa syrien venu avec deux petites filles. Sa femme et quatre autres enfants sont restés en Turquie. Ce père n'a jamais pu aller à l'école et il est fier que ses filles puissent apprendre le français et s'intégrer au mieux dans la société belge.

Une collaboration idéale

Aux Logis de Louvranges de Caritas Internationale, on est rôdé puisqu'on y accueille depuis cinq des mères seules avec leurs enfants.  Cette structure d'accueil travaille en étroite collaboration avec l'école communale du Blocry d'Ottignies-Louvain-la-Neuve. 

L'institutrice, Laura Coquette, a eu en charge pendant trois ans la classe passerelle (DASPA).  Elle nous explique le fonctionnement: "Au quotidien, les enfants de la 1ère à la 6ème primaire qui ne parlent pas le français se retrouvent dans une classe. Ils ne suivent que les cours de gym, de philosophie, de natation dans leur classe d'âge.  Si on voit qu'un enfant progresse bien, il peut, par exemple, aller suivre les cours d'éveil et le cours de maths avec sa classe et venir travailler le cours de français dans la classe passerelle". 

Pour la directrice, Fabienne Colpaert, la classe passerelle permet à ces enfants d'être accueilli plus chaleureusement encore et d'être pris en charge de manière plus efficace sur le plan pédagogique.

Souriants et volontaires

Ce jour-là dans la classe passerelle, on apprenait le vocabulaire lié au visage; les enfants se sont dessinés avec un grand sourire.  Redonner le sourire à ces filles et garçons qui ont eu des parcours difficiles, c'est aussi l'objectif de l'école du Blocry. 

Ces jeunes sont en général très volontaires et George en est la preuve vivante.  Il est passé par la classe de Madame Laura, il ne parlait pas un mot de français. 

Aujourd'hui, il a 11 ans, se trouve en 6ème primaire et se présente dans un français impeccable.  Ils nous apprendra qu'il est arrivé il y a deux ans, qu'il a fait le voyage avec son frère et que ses parents étaient déjà en Belgique trois ans auparavant.

Une école de devoir individualisée

Après l'école, les enfants qui logent à Louvranges avec leur mamans bénéficient sur place d'une école de devoir grâce à une dizaine de bénévoles dont soeur Jeanne.  Elle se déplace d'appartement privé en appartement privé; pour elle, aller dans les familles, c'est primordial: "Je crois que c'est important parce que les mamans écoutent, suivent, s'intéressent.  Je peux voir si la maman a signé le journal de classe, si elle a bien compris les avis parce que certaines ne savent pas lire".  Et quand il faut beau, l'avant soirée se termine dans la cour intérieur des logis; on joue et on continue à parler...en français.

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