Michelle Martin propose à nouveau une médiation à Jean-Denis Lejeune

Le couvent des soeurs Clarisses à Malonne
Le couvent des soeurs Clarisses à Malonne - © Belga

Via son avocat, Michelle Martin a adressé une lettre au papa de Julie, Jean-Denis Lejeune, lui proposant une médiation, rapportent jeudi les journaux de Sud Presse. L'information figure également dans Le Soir et dans le quotidien flamand Het Laatste Nieuws. Mais il ne s'agit pas d'une invitation à la rencontrer à Malonne.

Jean-Denis Lejeune conteste la version donnée par les journaux du groupe SudPresse. Sur sa page Facebook, il dément avoir été invité par Michelle Martin à la rencontrer à Malonne: "Jamais je n'ai dit ça et ça ne fait pas du tout partie du courrier que j'ai reçu de l'avocat de M. Martin. En fait j'ai reçu un courrier de l'avocat de M. Martin qui me signale qu'elle préférerait une médiation plutôt que de me répondre par écrit".

La lettre, écrite par Me Thierry Moreau, l'avocat de Michelle Martin, est parvenue lundi au conseil de Jean-Denis Lejeune, Me Georges-Henri Beauthier.

Dans sa réponse au courrier que Jean-Denis Lejeune avait lui-même adressé à Michelle Martin à la suite de sa libération conditionnelle, Me Moreau explique qu'il ne veut pas servir d'intermédiaire entre le papa de Julie et l'ex-femme de Marc Dutroux.

"Et il pense qu'une lettre ne pourra pas rendre toutes les nuances que sa cliente voudrait dire", explique Jean-Denis Lejeune à Sud Presse. "Il me propose plutôt une entrevue avec Martin, sans avocats, mais en présence d'un médiateur. Chaque partie devrait alors s'engager à ne rien révéler à des tiers."

Jean-Denis Lejeune ne sait pas encore quelle suite il va donner à cette proposition. Mais il confie qu'il aurait préféré une réponse par lettre aux questions qu'ils se pose concernant le décès de sa fille. "Je ne suis pas encore prêt à la rencontrer. J'ai peur de mes réactions. Imaginez que je ne sache pas me retenir et que je lui en colle une, médiateur ou pas?"

Jean-Denis Lejeune dit aussi avoir peur de se faire manipuler par Michelle Martin.

De toute façon, selon Me Bayet, avocat de Michelle Martin, une autorisation du TAP serait nécessaire pour une médiation.

Dans la mesure où les parties civiles avaient requis qu'une certaine distance soit établie entre elles et Michelle Martin, certaines conditions de la libération de Michelle Martin pourraient être modulées afin que, le cas échéant, la médiation ait lieu. "Concrètement, une fois que les deux parties se sont mises d'accord sur l'organisation de la médiation, le conciliateur en charge du dossier doit présenter les modalités pratiques aux conseils de celles-ci. Il s'agit par exemple du lieu, de l'encadrement et du déroulement de la médiation en fonction de ce qui est faisable. Ensuite, il revient aux avocats de faire la démarche auprès du TAP qui, en ultime instance, marque son accord ou pas", explique Me Bayet.

L'avocat de Michelle Martin rappelle également qu'une médiation ne vise pas à confronter immédiatement la victime et l'auteur. "Des rencontres individuelles sont organisées au préalable afin d'évaluer les attentes de chacun, qui sont généralement plus fortes chez la victime. Mais il faut bien savoir qu'une médiation ne débouche pas sur l'octroi d'un pardon. L'objectif est plutôt de privilégier le dialogue pour comprendre ce qui n'a pas été compris", poursuit-il.

Le suivi de la médiation par un psychologue n'est pas systématique. "Chaque médiation est mise sur pied au cas par cas", conclut Me Bayet.

Belga

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