"Michel Lelièvre est lui-même demandeur d'un contrôle judiciaire", affirme son avocate

 

Michel Lelièvre, l'ancien complice de Marc Dutroux, a pu quitter la prison au début du mois pour la première fois en cinq ans. Il a été autorisé à passer une journée et une nuit dehors pour préparer sa libération définitive. "Une demande pas prématurée", estime son avocate.

Au début du mois, l'homme a reçu l'autorisation de l'administration pénitentiaire de quitter pendant 36 heures la prison d'Ittre, dans le Brabant wallon, afin de préparer sa libération imminente. Il s'agissait de sa première nuit en dehors des murs de la prison depuis 1996, a souligné Me Bovy. Selon elle, ce n'était que la première d'une série d'autorisations de sortie.

Si Michel Lelièvre et son avocate n'ont pas demandé de passer devant le tribunal d'application des peines pour réclamer une liberté conditionnelle, le complice de Marc Dutroux souhaite tout de même organiser sa sortie, explique son avocate. "Michel Lelièvre ne veut pas sortir à tout crin, il veut sortir avec un encadrement et un contrôle judiciaire, a déclaré Maître Benjamine Bovy. Il veut être suivi par un psychologue, il veut avoir des personnes ressources avec qui il peut discuter. Il veut sortir, mais dans des conditions qui soient les meilleurs possibles".

Il faut passer par des modes de libération anticipée

Arrêté en 1996 et condamné à 25 ans de prison, Michel Lelièvre sera libéré sans conditions en 2021. "S’il arrive à l’expiration de sa peine, au bout de 25 ans, il n’aura aucun contrôle judiciaire, aucun suivi, explique l'avocate. À l’expiration de votre peine, on vous ouvre la porte, vous sortez, c’est terminé. Et ça, pour lui, ce n’est pas profitable et ce n’est pas heureux. Il est lui-même demandeur d’un contrôle judiciaire. Pour l’avoir, il faut passer par des modes de libération anticipée". L'avocate estime qu'une demande de libération conditionnelle ne serait "pas prématurée".

Michel Lelièvre a dû respecter plusieurs conditions pour quitter la prison. Il devait rester à l'écart des provinces du Limbourg, belge et néerlandaise. Il ne pouvait pas non plus se rendre dans le Brabant flamand. L'état allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie ainsi que la commune liégeoise d'Ans étaient également interdits. S'il reçoit d'autres autorisations de sorties, "les victimes auront l’occasion, si elles le souhaitent, de demander qu’il lui soit fait certaines interdictions comme celle de fréquenter certains quartiers, certaines communes, explique l'avocate. Il aura très certainement l’interdiction de consommer de l’alcool, des stupéfiants, de fréquenter certains milieux. Il aura l’obligation de prouver qu’il est bien suivi par un psychologue ou un psychiatre à des intervalles prédéfinis et fixes. Il aura l’obligation de respecter le lieu d’hébergement prédéfini".

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