Mettre une mangeoire dans son jardin pour nourrir les oiseaux : une bonne idée ou pas ?

Nul doute, vu les températures extérieures, l’hiver est toujours bien présent. Comme chaque année, Natagora nous invite en cette saison à compter les oiseaux qui fréquentent nos jardins. L’opération se déroule cette année les 6 et 7 février prochains. L’association de protection de la nature souhaite cependant faire le point sur la question des mangeoires. De nombreux participants n’hésitent pas à attirer les merles, mésanges, rouges-gorges et autres visiteurs en leur proposant de la nourriture. Bonne idée ? A l’heure de procéder au grand recensement annuel des oiseaux dans les jardins, on fait le point.

Impact

Tout d’abord l’association explique qu’elle n’est pas contre l’idée de nourrir les oiseaux, mais elle souhaiterait que cela se fasse le mieux possible. Pour cette campagne de sensibilisation, Natagora rappelle qu’il existe plusieurs études scientifiques qui se sont penchées sur la question (Ecological and evolutionary implications of food subsidies from humans, Health hazards to wild birds and risk factors associated with anthropogenic food provisioning, Is supplementary feeding in gardens a driver of evolutionary change in a migratory bird species?, etc.). On sait grâce à elles que : "Certaines espèces fréquentant les mangeoires voient leur condition physique et leur taux de survie s’améliorer". Pour certaines espèces, cela contribue à augmenter leur population. A première vue, cela peut donc sembler positif dans un contexte où beaucoup de populations d’oiseaux sont en déclin (les petits granivores, comme le moineau domestique, le verdier d’Europe, etc.).


►►► C’est la saison pour aider les oiseaux de vos jardins à se nourrir. Comment faire ?


Mais : "Les nourrissages favorisent des espèces sédentaires (mésange bleue, mésange charbonnière ou le merle noir, etc.) vivant dans les environs immédiats de l’homme". Cette pratique n’a donc que peu d’impact pour les oiseaux migrateurs (les fauvettes, les pouillots, etc.) ou ceux qui vivent au fond des campagnes agricoles (la linotte mélodieuse, le moineau friquet ou le bruant jaune, etc.).

Autres conséquences

Le constat ne s’arrête pas là, car même pour les oiseaux qui arriveraient à se nourrir grâce aux mangeoires, des risques existent : "Certaines maladies infectieuses se transmettent plus facilement entre individus qui fréquentent en nombre les mangeoires et les abreuvoirs". Dans la même idée, Anne Weiserbs, ornithologue chez Natagora, explique qu’il faut éviter de concentrer ou mettre la nourriture en grosse quantité afin de réduire le risque que les oiseaux ne viennent se poser dessus.

Que faire alors ?

Dès lors, quels sont les conseils pour nourrir la faune aviaire ? Tout d’abord, explique Natagora : "Le nourrissage hivernal doit être composé quasi exclusivement de graines. Les graisses ne sont utiles qu’en période de froid prolongé et doivent rester un appoint exceptionnel et temporaire". Au printemps, le nourrissage n’est conseillé que lors des vagues de froid entre mars et avril.

Quant aux mangeoires et abreuvoirs, il s’agit de les garder le plus propres possible. Si vous observez des oiseaux malades, il s’agit d’arrêter tout de suite le nourrissage et de procéder à la désinfection, ainsi qu'à l’élimination des déchets au sol.

Et puis, Anne Weiserbs, ornithologue chez Natagora donne ce dernier conseil : "Avant de penser à leur fournir un nourrissage artificiel, offrez en priorité aux oiseaux un jardin naturel qui contiendra toutes les baies, les graines et les insectes dont ils auront besoin".

Si vous souhaitez participer à la campagne de Natagora de recensement des oiseaux dans nos jardins, toutes les informations se trouvent sur le site de l’association ici.

Les mangeoires dans les jardins attirent des espèces différentes: JT 28/01/2018

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