Météo estivale, puis hivernale, un danger pour les vignes: "On peut perdre une grosse partie de la récolte"

La neige est encore tombée cette nuit et tombera encore en journée. Une météo hivernale qui tranche avec les températures estivales de la semaine dernière. Les arbres fruitiers, les asperges et les vignes sont stoppés dans leur développement. Cela va-t-il impacter la récolte ?

Bertrand Hautier, propriétaire du Domaine du Chapitre à Nivelles, qui produit environ 50.000 bouteilles, préserve ses pieds de vigne avec des canons à chaleur... mais pas cette nuit: "Vu qu’il faisait froid mais qu’il y avait beaucoup de vent, ça ne servait donc pas à grand-chose. Par contre, peut-être la nuit prochaine, parce qu’ils annoncent plus froid et moins de vent, donc là on va peut-être devoir agir. Généralement, on les utilise pendant les nuits de gel qu’on a au mois d’avril et au mois de mai. Ce sont des nuits de gel où il n’y a pas beaucoup de vent, où il n’y a pas de nuages et ce sont donc plus des zones froides qui se créent. Il y a alors moyen de réchauffer l’air, soit avec des éoliennes, soit avec des canons à chaleur, mais ici, comme c’est du froid qui arrive du nord avec beaucoup de vent et un air glacé, tout se remélange. On ne sait pas faire grand-chose à part regarder et espérer que ça ne gèle pas".

Ce que le viticulteur craint, c’est finalement plus le gel que la neige qui joue un rôle d’isolation: "La neige peut être positive, mais il faut quand même que ça reste sur les bourgeons et que ça les englobe toute la nuit."

Le stade où en sont les bourgeons

Pas de crainte pour le moment pour la récolte: "Les bourgeons se portent encore bien. Après, il faudra faire le bilan d’ici la semaine prochaine, le temps de voir. Les bourgeons sont encore tout petits, donc il est difficile de voir s’il y a vraiment des dommages. Et on verra si ça continue à pousser la semaine prochaine ou si ce sont les seconds bourgeons qui partent."

Avec la météo clémente et carrément estivale de la semaine dernière, la vigne s’était  remise en marche. Mais elle a stoppé au bon moment son développement: "Il y a quelques variétés, comme le chardonnay, qui ont un peu trop avancé, donc là ça va être limite. Sinon, pour le reste, on voit que les bourgeons ont gonflé, mais ils sont quand même encore bien protégés, donc il n’y a pas de problème".

L’impact d’un coup de gel dépend du stade où sont les bourgeons. "S’ils sont en pointe verte et qu’on voit qu’il y a déjà de la couleur qui arrive avec les bourgeons gonflés, là les bourgeons peuvent exploser avec le gel. Les cristaux vont faire exploser les bourgeons au lever du soleil et ça va les détruire. Et comme la majorité des grappes se trouvent sur ces premiers bourgeons, on peut perdre une grosse partie de la récolte si ces bourgeons venaient à mourir".

Moins de bourgeons, ça fait moins de vin, mais parfois aussi moins de qualité: "Par exemple, pour le chardonnay, si les premiers bourgeons gèlent, il ne va plus du tout refaire de fruits sur l’année, donc c’est la perte totale de la récolte. Il y a d’autres variétés qui, elles, refont des raisins, mais on perd quand même quasiment un mois sur la date de récolte. Ce sera donc moins qualitatif ou ce sera plus pour faire du mousseux parce qu’on n’arrivera pas à la même maturité".

 

JT du 07/04/2021 - Gelées de printemps : Protéger les vignes et les arbres fruitiers

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