Messe de Pâques et coronavirus : le curé de Lobbes un peu dépassé par l'afflux de paroissiens

Quinze fidèles maximum sont autorisés à suivre une messe, jauge identique pour une église de village ou comme la collégiale de Lobbes
Quinze fidèles maximum sont autorisés à suivre une messe, jauge identique pour une église de village ou comme la collégiale de Lobbes - © VIRGINIE LEFOUR - BELGAIMAGE

Édifiée au 9e siècle, la Collégiale Saint-Ursmer de Lobbes est la plus ancienne église belge. Son curé et le sacristain ont connu quelques difficultés à canaliser leurs paroissiens, candidats à la messe de Pâques de ce dimanche.

Avec une jauge de quinze fidèles, la limite est évidemment vite atteinte. Intervenir tel des policiers n’est ni dans leurs attributions ni dans leurs souhaits.

Et pourtant, il a bien fallu en convaincre quelques-uns et quelques-uns de quitter l’édifice et de revenir plus tard.

Admis et non admis

Quatre célébrations étaient exceptionnellement proposées et la deuxième, à 9h15, a valu une affluence (relative) inattendue.

Dans la collégiale, des paroissiens ont récupéré des chaises rangées sur les côtés pour les disposer derrière les quinze réglementaires, déjà installées.

Le sacristain a rappelé que ce complément était interdit et a dû renvoyer les paroissiens en surnombre.

"Pendant la messe, nous dit un paroissien "admis", "nous avons entendu claquer la porte d’accès. Des personnes voulaient encore entrer et ont encore tambouriné à la porte que le sacristain venait pourtant de fermer."

Une précaution avait pourtant été prise, celle d’une inscription préalable.

Mais apparemment, tous les fidèles n’étaient pas au courant… et aucun contrôle n’avait été opéré à l’entrée de la collégiale.

Quatre eucharisties ? Ça fait un très grand bien

Aucun incident mais une déception des paroissiens recalés, quelques familles endimanchées en tête !

Ce moment de flottement passé, les célébrations se sont succédé, 10h30, 11h30, à la satisfaction et de l’organiste-chanteur ("J’ai préservé ma voix grâce à une bonne réserve de thé") et du curé.

"Pour un prêtre, sourit l’Abbé Philippe Pêtre, doyen de la botte du Hainaut, "l’eucharistie est le plus beau moment de la journée et quand on peut en célébrer plusieurs, même si c’est déconseillé et doit être considéré comme exceptionnel, ça fait un très grand bien."

Un tel marathon, inhabituel, ne l’a pas effrayé sachant, dit-il le sourire en coin, "qu’un apéritif l’attendait."

Les deux jauges

Le célébrant se déplaçait de chaise en chaise pour donner la communion.

Il rejoint de nombreux collègues dans l’incompréhension de limiter à quinze personnes l’accès à une messe, pour cinquante à des funérailles.

La jauge ayant déjà changé à plusieurs reprises, le curé prend le soin de l’inscrire à l’encre effaçable sur l’affiche imprimée collée à l’entrée de la Collégiale.

 

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