Menace contre les policiers: que signifie concrètement le niveau "2+"?

La sécurité des bâtiments de police est réévaluée
La sécurité des bâtiments de police est réévaluée - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Suite à l’attaque contre deux policières à Charleroi samedi, le niveau de la menace pour la police est resté au "2+", alors que pour l'ensemble de la population le niveau déterminé par l'Organe de l’analyse de la menace (OCAM) est à 3 sur échelle de 4, c'est-à-dire une menace vraisemblable.

Le niveau "2+" est déterminé par l’OCAM : il s’agit d’un degré de vigilance renforcée. Concrètement, comment cela se traduit-il dans les faits et quelles sont les mesures de protection pour les policiers?

Gilet pare-balles

Il faut prendre en compte plusieurs éléments: il y a d’une part la sécurité personnelle des policiers, mais aussi la protection des infrastructures ou encore des véhicules. Le Centre de crise fédéral a émis des recommandations. Elles ont encore été rappelées dans une note à la fin du mois juillet.

Voici deux exemples de recommandation pour la sécurité personnelle : le port du gilet pare-balles lorsque le policier est en uniforme ou la possibilité de porter l’arme de service pour le trajet domicile-travail.

En ce qui concerne la sécurité des bâtiments de police, il est conseillé de n’avoir qu’un nombre d’accès minimum, que les entrées soient strictement contrôlées, d’inscrire le nom des visiteurs dans un registre, ou que les visiteurs ne soient jamais laissés seuls.

Niveau indicatif

Tout cela, ce sont des recommandations et pas des règles strictes. Il est demandé aux chefs de corps de s’en inspirer. Autrement dit d’appliquer un dispositif en fonction du contexte, en fonction de l’environnement et de l’infrastructure.

En réalité, le niveau "2+" est purement indicatif, explique Frank De Vos, le chef de corps faisant fonction de la zone de police Montgomery, à Bruxelles : "Nous avons déjà décidé il y a des mois de mettre une échelle de 1 à 4 spécifique, adaptée à notre zone. Cela veut dire qu’on a déjà depuis longtemps pris des mesures qui sont supérieures aux recommandations du Centre de crise fédéral. Et après les événements de Charleroi, nous estimons qu’il n’y a pas lieu de prendre dans l’urgence des mesures supplémentaires".

Les recommandations sont les mêmes pour tout le monde. Mais leur application peut varier au cas par cas. Car toutes les situations ne sont pas identiques et elles peuvent évoluer.

Les syndicats de police s'adressent aux autorités locales

Le front commun syndical de la police demande ce lundi aux autorités des zones de police locales de réaliser une analyse du risque et de prendre les mesures nécessaires afin de sécuriser les agents de police et les commissariats.

"A la suite des événements qui se sont déroulés samedi dernier à Charleroi, le front commun syndical (SNPS, CGSP, CSC, SLFP) demande d'être informé sur l'actualisation de l'analyse du risque relatif au personnel et à l'infrastructure. Nous demandons également des éclaircissements concernant les munitions utilisées pendant le service", peut-on lire dans une lettre adressée aux zones locales.

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