Mehdi (Youth for Climate) : « Les élections ne sont pas une fin en soi »

Mehdi pendant la manifestation pour le climat du 2 mai
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Mehdi pendant la manifestation pour le climat du 2 mai - © RTBF

A la tête du cortège de la marche pour le climat, Mehdi s’empare du mégaphone et hurle : « What do we want ? Climate justice ! When do we want it ? Now ! » Gilet jaune par-dessus la veste et gourde accrochée au sac à dos, cet étudiant de 19 ans sèche les cours tous les jeudis depuis quatre mois pour défiler dans les rues. « Je suis là depuis la toute première manifestation », déclare-t-il.

Par rapport à ses débuts, le mouvement a perdu beaucoup d’ampleur, passant de 35.000 participants en janvier à seulement 500 ces dernières semaines. Mais Mehdi, lui, reste. A la veille des élections régionales, fédérales et européennes du 26 mai, ce Bruxellois membre de 'Youth For Climate' considère devoir « montrer qu’on est toujours là ».

C’est déjà une victoire

Selon lui, ces élections « mettent la pression sur les politiques. Ils savent qu’on va bientôt voter donc ils ne peuvent pas faire comme si on n’existait pas. Les politiques ont changé leur agenda et parlent beaucoup plus d’écologie et de climat qu’avant. » Et ça, estime-t-il, « c’est déjà une victoire. »

Les élections, utiles ?

Lui-même étudiant en sciences politiques à Saint-Louis, Mehdi ne se dit « pas du tout dégoûté de la politique » mais il comprend que certains puissent avoir ce sentiment. « Depuis plusieurs années, on a voté pour des politiques qui n’ont pas changé grand-chose. Il faut prendre de vraies mesures », martèle-t-il.

Les élections « servent toujours à quelque chose car on a besoin d’élire des gens pour nous représenter », dit-il. « Mais il y a aussi d’autres moyens de faire pression, par exemple le RIC, le référendum d’initiative citoyenne. »

Pas question pour le mouvement de se transformer en parti car, selon Mehdi, l’écologie transcende la logique des partis : « Ça serait exclure des gens. Or, on veut les rassembler sur cette thématique. » Pour cette raison, il préfère éviter de se prononcer sur un choix de parti et ne donne aucune consigne de vote.

« On revendique des actes politiques mais on ne défend aucun parti en particulier », dit-il. Certains partis sont néanmoins sur sa liste noire : « Par exemple la N-VA ou le Vlaams Belang qui ont rejeté la Loi Climat. »

« Don’t stop me now »

Et après les élections ?

« Les élections ne sont pas une fin en soi », précise toutefois Mehdi. « On veut un plan d’actions et pas juste du blabla, souligne-t-il. Si les mesures prises ne sont pas satisfaisantes, on continuera le combat. »

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