Megan Rapinoe, capitaine de l'équipe de football américaine, figure LGBT et nouvelle icône anti-Trump

Ce dimanche 7 juillet l'équipe féminine américaine de football a remporté sa quatrième Coupe du Monde, qui se déroulait sur le territoire français. Cette année, l’événement sportif a bénéficié d’une couverture médiatique plus importante que d’habitude — en tout cas lors des premiers matchs, et a permis de mettre en lumière certaines personnalités au sein de cette discipline.

Contrairement au mondial masculin, cet événement sportif a été le lieu de prises de position politique fortes de la part de certaines joueuses. Pour exemple, la première joueuse récompensée par un Ballon d’Or, la Norvégienne Ada Hegerberg, a décidé de ne pas participer à cette Coupe du monde. Dénonçant l’amateurisme de la fédération de football norvégienne, et l’inégalité hommes/femmes, elle a préféré consacrer son énergie à la Champions League.


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Cette victoire de l'équipe américaine est l’occasion de se pencher sur de ses personnalités fortes : Megan Rapinoe (prononcez Rapinou pour certains, ou Rapinow pour d'autres). Attaquante redoutable, elle aura inscrit six buts dans cette compétition, dont deux doublés. Mais en dehors de la pelouse, la capitaine de 34 ans est une personnalité forte et engagée.

Un coming out qui l’a libérée

Ses affinités avec le ballon rond naissent dès ses cinq ans, où elle joue dans une équipe de foot entraînée par son père. Elle ne décrochera plus ses crampons du terrain, et dans les années 2000, enchaînera les victoires avec l’équipe de son université.

Sa carrière footballistique l’emmène au sein de l’équipe nationale, et cette coupe du monde 2011, où les USA reviennent avec la médaille d’argent. Un an plus tard, elle fait son coming out, à 27 ans, et explique avoir pris conscience de l’importance de son rôle dans la représentation de la communauté LGBT. Une décision qui la libérera : peu après, elle remporte la médaille d’Or aux Jeux Olymiques de Londres avec son équipe.

Les USA ont attendu 16 ans pour revoir le trophée de la Coupe du Monde dans les mains de son équipe féminine, emmenée par Rapinoe en 2015. La capitaine espère alors que cette victoire permettra aux mentalités d’évoluer au sein de la fédération.

Les États-Unis ont cette particularité que, contrairement à d'autres grandes nations du football, l'équipe féminine de football remporte bien plus de trophées et de succès que la masculine (qui ne s'est pas qualifiée pour le mondial 2018)... Une situation qui trouve son origine dans une loi américaine de 1972, qui interdit toute discrimination dans les programmes d'éducation, et qui a profondément influencé le sport. Les universités doivent donc autant investir du côté de leurs équipes sportives masculines que féminines : c'est le début de l'essor du football féminin, qui mènera les États-Unis à dominer cette discipline. Et pourtant, les inégalités salariales et de traitement sont toujours bien là entre les deux équipes : l'équipe féminine a d'ailleurs intenté une action en justice contre la Fédération américaine de football.


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En dehors et sur le terrain, Rapinoe n’hésite pas à clamer haut et fort ses positions politiques. Elle s’est jointe au mouvement de protestation contre l’injustice raciale de 2016, en posant un genou à terre lors des hymnes nationaux et récemment, a déclaré ne pas vouloir mettre un pied à la Maison Blanche si son équipe gagnait la Coupe du Monde, en signe de protestation envers la politique de l’actuel résident de la maison présidentielle, Donald Trump. Ce à quoi le président avait répondu à la footballeuse dans un (long) tweet qu'elle devrait d'abord gagner avant de parler. Voilà qui est fait !

"I'm not going to eh f****** White House"

La longue réponse de Trump

La joueuse avait également déclaré, dans une interview donnée à Yahoo un mois avant la Coupe, qu'elle ne chanterait "probablement plus jamais l'hymne américain", en signe de contestation contre la politique de Trump envers les minorités. Promesse qu'elle a tenue lors de la Coupe du Monde. Autre prise de position, son dédain envers la FIFA, jugeant "calamiteuse" la programmation de la finale, qui a lieu en même temps que celles (masculines) de la Copa America et de la Gold Cup.

Espérons en tout cas qu'elle garde toujours cette verve et ce courage d'assumer ses positions, dans un monde où l'on entend souvent que le sport ne doit pas être mêlé à de la politique.

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