Médicaments : comment garantir des prix abordables pour la sécurité sociale?

Comment maintenir les médicaments à un prix abordables pour la sécurité sociale ?
Comment maintenir les médicaments à un prix abordables pour la sécurité sociale ? - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

C'est un secteur qui pèse très lourd sur le budget de l'INAMI (l'Insitut National d'assurance Maladie-Invalidité) : le remboursement des médicaments et des traitements médicaux. Et les prix des nouvelles molécules qui arrivent sur le marché ont tendance à augmenter. Le constat n'est pas neuf, mais à l'approche des élections fédérales et européennes de 2019, plusieurs associations veulent forcer les partis politiques à mettre ce dossier dans leurs programmes de campagne. 

L'association de défense des consommateurs Test Achats, l'ONG Médecins du Monde et Kom op tegen Kanker (un organisme flamand de lutte contre le cancer) formulent 10 recommandations sur l'accessibilité et le prix abordable des traitements médicaux. "Le fil rouge de ces propositions, explique le professeur Jean-Jacques Cassiman, président de Kom op tegen Kanker, c'est d'arriver à faire collaborer les différentes parties prenantes : les responsables politiques, l'INAMI, l'industrie pharmaceutique, les centres académiques, les représentants des médecins et des patients. Parce que la recherche, ces dernières années a été spectaculaire, les résultats pour les patients sont spectaculaires. Mais si on ne peut pas payer ces médicaments, ça ne sert à rien." 

Un autre modèle de développement des médicaments 

La première recommandation formulée par les associations est la création de nouveaux modèles de développement. Pour Xavier de Béthune, directeur médical de Médecins du Monde, "il faut trouver une façon de construire le médicament qui fait qu'on ne s'engage dans la construction d'un médicament que quand on est sûr qu'il répond à tous les besoins essentiels, c'est-à-dire qu'il sera disponible et utilisable par les patients. Aujourd'hui, on a beaucoup trop de médicaments dont le coût est tel qu'il est réservé aux pays les plus riches de la planète. Et encore, même la Belgique va se retrouver avec de sérieux problèmes pour payer les prix actuellement demandés par les firmes pharmaceutiques".

Les trois associations appellent donc au développement de modèles alternatifs, à l'image d'initiatives lancées aux Pays-Bas et en Suisse notamment. "En mettant autour de la table les acteurs publics, les acteurs privés, mais aussi les patients, certaines initiatives ont permis de développer de nouveaux médicaments, en investissant quelques dizaines de millions d'euros. Alors que dans les études financées par l'industrie pharmaceutique, on parle de plusieurs milliards.

Coopération internationale 

Pour être plus efficaces dans les négociations avec l'industrie pharmaceutique, les trois associations insistent sur le fait que les pays doivent coopérer pour collecter et évaluer certaines données concernant les médicaments. Depuis quelques années, la Belgique collabore depuis peu avec les Pays-Bas, le Luxembourg et l'Autriche pour faire face aux multinationales du médicament, mais on est encore loin d'une coopération européenne qui représenterait un vrai contre-poids vis-à-vis de l'industrie pharmaceutique. D'autant que les accords passés entre les firmes et les Etats restent largement confidentiels. Les associations réclament plus de transparence sur le coût de la recherche et du développement des nouveaux médicaments. 

"On est à un moment-clé, précise Jean-Philippe Ducart, le porte-parole de Test Achats, puisqu'on va entrer dans une phase électorale. On doit intégrer ça dans les programmes des partis. Et puis, nous espérons qu'un certain nombre de ces recommandations seront reprises dans la déclaration gouvernementale du prochain gouvernement." Plusieurs propositions ont reçu une réponse positive de la part des partis politiques. C'est le cas de l'appel à un renforcement de la collaboration internationale pour négocier les prix ou encore du soutien à des modèles alternatifs de développement des médicaments. Ces deux recommandation ont fait l'unanimité, à l'exception du MR qui est le seul parti à avoir refusé de répondre aux trois associations. 

Sujet de notre journal télévisé de ce jeudi 08 novembre

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