Médecins urgentistes en pénurie: rencontre avec une cheffe de service

Médecins urgentistes en pénurie - Pascale Lievens (médecin urgentiste au CHR de Namur)
Médecins urgentistes en pénurie - Pascale Lievens (médecin urgentiste au CHR de Namur) - © RTBF

Il manquerait 1200 médecins urgentistes dans notre pays. Le métier ne ferait-il plus rêver? Nous nous sommes rendus aux urgences du CHR de Namur où nous avons rencontré la cheffe de service, urgentiste depuis plus de 20 ans.

Il faut marcher d'un bon pas pour suivre Pascale Lievens dans les couloirs des urgences du CHR de Namur. Il n’est pas rare que ce médecin urgentiste commence sa journée pour vingt-quatre heures de travail. "L'urgentiste doit toujours être au taquet", dit Pascale Lievens pour qui les consultations s'enchainent. Elle ne sait jamais ce qui l'attend, et elle doit toujours être "au four et au moulin". "Ici, tout le monde doit faire un peu de tout. On est une grande famille et nous ne valons rien l’un sans l’autre", précise-t-elle.

Pourquoi ce métier riche et collectif ne séduit-il plus ?

Les raisons sont multiples. Les douze à treize ans d’études en rebutent certains, mais il y a aussi la charge de travail de plus en plus importante car les fréquentations sont nombreuses. "Certaines choses peuvent être réglées par les médecins traitants, mais les gens se présentent aux urgences beaucoup plus qu’avant", explique Pascale Lievens. Le patient quant à lui semble toujours plus pressé et plus exigent.

L'administratif prend le dessus sur les soins

"Depuis 2013, certains codes INAMI sont devenus moins intéressants au niveau des urgences et sans doute moins attractifs pour certaines personnes".

Dans ce service, le téléphone n’arrête pas de sonner. Le CHR de Namur enregistre 45 000 urgences sur une année. Mais au-delà des consultations et des interventions, il faut gérer toutes les questions administratives comme la réservation de chambres, l’enregistrement de données ou apposer sa signature sur certains documents. En vingt ans , Pascale Lievens a vu la différence : "c’est lourd. On passe 4/5ème de notre temps dans l’administratif, et 1/5ème seulement est consacré aux soins des patients, ce qui implique la nécessité de médecins supplémentaires mais il y a pénurie".

Malgré tout, Pascale Lievens nous confiera que même après vingt ans de pratique, cela reste pour elle le plus beau métier du monde.

I.L. avec Danièle Welter

 

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