Médecins généralistes: "Une pénurie alarmante qui risque de s'aggraver si on ne fait rien"

Paul De Munck, président du Groupement belge des omnipraticiens
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Paul De Munck, président du Groupement belge des omnipraticiens - © RTBF

La Wallonie est confrontée à une pénurie de médecins généralistes, surtout en zone rurale, avec une offre considérée comme "insuffisante" dans 123 communes wallonnes, selon le ministre Maxime Prévot (cdH). Selon le docteur Paul De Munck, président du Groupement belge des omnipraticiens (GBO), cette situation "alarmante risque de s’aggraver si on ne fait rien".

Paul De Munck préconise de "sensibiliser les jeunes étudiants en fin de secondaire pour montrer ce qu’est la médecine générale, que c’est un métier fantastique et qui peut encore évoluer dans le bon sens. Ce métier doit pouvoir être pratiqué en tenant compte des préoccupations des jeunes, c’est-à-dire en veillant à un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. C’est une question d’équilibre psychique et cela garantit une bonne qualité de travail au niveau de la consultation".

Primes à l'installation

Le président du GBO demande que le ministre Marcourt, en charge de l’Enseignement supérieur, veille à ce que, "au sein des facultés de la Communauté française, on sorte suffisamment de médecins généralistes. Les 43% qui étaient fixés depuis des décennies n’ont finalement jamais été respectés".

Comment inciter les médecins généralistes à s’installer là où il y a une pénurie ? Les primes à l’installation sont "une excellente mesure" et Paul De Munck se réjouit du fait que le ministre Prévot ait décidé de la maintenir "mais il faut l’étoffer d’autres mesures, y compris cette idée d’aider les jeunes pour les déplacements lors des stages, pour les loyers, le logement, aider les maîtres de stage à les accueillir".  

Assisteo

Paul De Munck préconise d’interroger les étudiants en médecine afin de savoir ce qui les motiverait à choisir la profession de médecin généraliste. "C’est clair qu’il y a une question d’attrait financier : un généraliste ne gagne pas ce qu’un cardiologue gagne, c’est évident. Mais il y a plein d’autres raisons : l’insécurité au travail, la charge administrative, la pénibilité. Et en médecine générale, nous sommes souvent seuls devant un patient et il faut gérer l’incertitude : entourés de confrères dans un service hospitalier, c’est parfois plus facile". Selon lui, "l’avenir, c’est la pratique multidisciplinaire et le découpage en zones de soin". Il mentionne aussi la piste de "l’Assisteo : voir dans quelle mesure nous pouvons, au cabinet de médecine générale, partager les tâches avec un autre professionnel comme un infirmier par exemple".