Médecine connectée: un remède à la pénurie de généralistes?

Médecine connectée: un remède à la pénurie de généralistes?
Médecine connectée: un remède à la pénurie de généralistes? - © Tous droits réservés

Consulter son médecin par ordinateur, tablette ou smartphone ? Lui communiquer ses données à travers des objet connectés ? c’est possible et des expériences se multiplient. " Dans certains pays, la télé médecine est déjà un moyen de contact et de pose de diagnostic, en première ligne, voire avec des spécialistes ", explique Jean Hermesse, secrétaire général des Mutualités chrétienne. " Cette technique permet de réduire le temps et le coût du déplacement, pour le patient et pour le prestataire de soin. Il permet donc d’augmenter la disponibilité du médecin. En Suède, par exemple, un médecin dit qu’il est contactable pendant deux heures sous cette forme. Le patient introduit sa demande motivée. Et le médecin donne sa consultation par internet. "

Ces avancées intéressent Paul De Munck, le président du groupement belge des omnipraticiens. Notamment, parce qu’elles permettent des diagnostics partagés entre deux médecins ou qu’elles permettent le suivi d’une personne grabataire. Mais il met e garde contre les effets de mode. " Ca ne va pas résoudre le problème de la pénurie de médecins. Et le métier dont on aura le plus besoin, c’est la médecine générale ". Pour Jean Hermesse, la télémédecine ne va pas à elle seule résorber la pénurie. " Mais si on peut réduire le temps de parcours, particulièrement dans des zones peu habitées, cela va rendre médecin plus disponible et lui apporter plus de confort. Aux Pays-Bas, il y a moins de dermatologues qu’en Belgique. Et pourtant, il n’y pas de liste d’attentes. Car un premier diagnostic peut être fait avec la photo de votre problème par smartphone. "

L’ordinateur va-t-il remplacer le médecin ?

Ne va-t-on pas vers une médecine déshumanisée ? Jean Hermesse n’y croit pas. Les soins passeront toujours par une relation personnelle de confiance, même par l’interface d’un écran, dit-il. Mais il laisse entrevoir des diagnostics partiellement établis par des machines. " En Israël, une douzaine d’hôpitaux ont un centre d’imagerie médicale. Les images sont faites par des techniciens et envoyées au centre, où des radiologues les examinent. A Malines, un centre travaille 24h sur 24 avec des images qui viennent du monde entier. IBM a même un système de reconnaissance des images qui permet de proposer un diagnostic. Et les analyses en biologie clinique peuvent aussi donner lieu à des propositions de traitement. "

Paul De Munck ajoute que, demain, certains robots opéreront sans doute mieux que certains chirurgiens. Mais pour lui, l’outil doit rester un outil et on doit le maîtriser. Et rien ne remplacera le contact singulier avec le médecin.

Jean Hermesse et Paul De munck étaient interrogés par Arnaud Ruyssen dans Soir Première.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK