Mazout, moisissures, rats : après les inondations, attention aux maladies pour les sinistrés et bénévoles

Après les inondations dévastatrices de ces derniers jours, et alors que l’eau s’est retirée, de nombreux autres dangers menacent les victimes, avertit Médecins sans frontières.

Marie Burton, coordinatrice des opérations nationales de Médecins sans frontières, était invitée ce lundi sur La Première.


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"Suite à la décrue, les travaux de nettoyage et de rénovation peuvent entraîner certains risques, tels qu’une exposition aux odeurs d’hydrocarbures, comme le mazout, explique-t-elle. Cela se manifeste principalement par des maux de tête, des nausées et des vertiges. Ces symptômes sont momentanés et ne présentent pas un risque à long terme. Il y a également des risques de traumatismes tels que les plaies ouvertes et les contusions. Liés à ces plaies, des cas de tétanos peuvent apparaître lorsque les vaccins ne sont pas à jour. Donc, une effraction cutanée, même minime, peut être la porte d’entrée pour des spores tétaniques. On note des intoxications aussi au monoxyde de carbone qui peuvent survenir lorsque des groupes électrogènes ou des chauffages d’appoint sont utilisés dans des endroits qui sont mal ventilés. Et puis, il y a bien sûr tous les chocs et les brûlures électriques".

Il y a aussi des maladies qui peuvent survenir, à cause de l’eau souillée, des rats attirés par les déchets ou encore des moisissures.

"Certaines maladies peuvent se développer suite à la dégradation des conditions environnementales. Je pense principalement aux maladies qui sont liées à l’eau, que ce soit par contact cutané et qui entraînent des dermites, ou alors par ingestion, telles que les maladies diarrhéiques, des gastros ou des diarrhées. Il y a également les infections respiratoires aiguës qui sont liées au développement des moisissures après la décrue. Il y a la leptospirose, une maladie qui est transmise par les rongeurs et les rats qui pullulent en ce moment et disséminent des agents contaminants par voies urinaires. La bactérie pénètre principalement chez l’homme par la peau lésée ou les muqueuses".

Les conseils

Que faire donc pour les victimes et les personnes qui sont venues les aider ? "Il faut porter des gants quand on fait des travaux pour éviter les lésions au niveau des mains". Et en cas de plaies, "il faut consulter un médecin dès que possible. Il ne faut pas négliger les petites plaies. Il faut bien les nettoyer et aller consulter directement. C’est le principal".

Et au niveau psychologique ?

Au-delà des risques physiques que courent les sinistrés, MSF avertit également sur les traumatismes psychologiques, à ne pas négliger.


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"Directement après une situation de crise, on compte généralement deux types de comportements parmi les personnes affectées. Le premier et le principal, ce sont les personnes dans l’action, qui réagissent face à l’évènement. Donc, dans ce cas de figure, la réaction est de nettoyer la maison, qui est une réaction tout à fait normale. Et le deuxième type de comportements, ce sont les personnes qui sont prostrées et incapables d’agir. Ces personnes demandent un support psychologique immédiat et les besoins en santé mentale varient et doivent être évalués en permanence sur le long terme. Les pathologies observées sont principalement un accroissement du stress, des états de stress post-traumatique que l’on appelle PTSD, des troubles du sommeil et le développement de phobies, angoisses ou des états dépressifs. Et cet état dépressif peut faire surface plusieurs mois après l’évènement et il peut être concomitant avec l’échéance des aides, type les aides au logement ou les financements".

Marie Burton, appelle, là aussi, à ne pas hésiter à consulter. "Il y a des numéros verts qui sont mis en place et il y a des psychologues disponibles, donc il ne faut surtout pas hésiter à consulter, même une fois. On appelle à un débriefing psychologique, ça peut être d’une grande aide sur le long terme".

 

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