Maxime Michiels, président de la FEF : "La jeunesse s'intéresse à la politique car les politiques ne s'intéressent plus aux jeunes

Maxime Michiels, président de la FEF soutient le mouvement Youth for Climate, initiateur des « jeudis pour le climat » lors desquels des jeunes désertent écoles et universités pour manifester en rue leurs revendications de politiques climatiques ambitieuses. Pour lui, c’est clair : « Nous espérons que le mouvement va perdurer tant que les revendications des jeunes qui ont lancé le mouvement ne sont pas entendues. Maintenant c’est bon pour les étudiants du supérieur, il est temps pour nous de manifester. Le politique a toutes les clefs en main pour renvoyer les élèves dans les classes s’ils trouvent des solutions. »

Le mouvement Youth for Climate est spontané et autogéré. Pour Maxime Michiels, la FEF doit « soutenir et appuyer celui-ci, appeler les gens à le rejoindre mais sans vouloir récupérer celui-ci politiquement. Pourtant la question du climat est une question politique et les jeunes ne doivent pas être exclus du débat ».

Méfiance des jeunes envers la politique?

Pour Maxime Michiels : « Il y a une méfiance des jeunes envers le monde politique, mais pas envers la chose politique. La jeunesse s’intéresse à la politique car les politiques ne s’intéressent plus aux jeunes ».

Liste de revendications

Réduction du coût des études, refinancement de l’enseignement supérieur, rémunération des stages, augmentation de l’offre de logements publics pour les étudiants… La liste des revendications reprises dans le Mémorandum de la Fédération des Etudiants francophones présenté mercredi est longue et s’adresse à tous les niveaux de pouvoir qui seront renouvelés à l’issue des élections du 26 mai prochain.

Sur l’annonce faite de la prime wallonne aux kots : « Quand on voit qu’on libère un budget de 10 millions d’euros pour s’attaquer à l’immense problème de la précarité étudiante qui est le cœur de notre combat, cette année, on est contents. Cette proposition a trois gros problèmes cependant, elle ne tient pas compte des revenus des parents, elle parle de trajet en voiture et pas en transport public et pour finir elle crée une disparité entre étudiants wallons et bruxellois ».

Les majorités régionales devront, elles, s’atteler à la problématique du logement, selon la FEF. A la décision de la Wallonie de débloquer des subsides pour une catégorie d’étudiants habitant à plus d’une heure en voiture de leur école, la FEF préfère que l’on investisse dans la construction de logements publics pour étudiants, pour « résorber la pénurie et faire pression » sur les prix, mais aussi que l’on en plafonne le loyer.

Pour Maxime Michiels : « Les réseaux sont des structures archaïques, résultats des guerres scolaires de compromis politiques, qui malheureusement demeurent car chaque parti a son réseau, comme son syndicat ou leur mutuelle. Ces liens historiques demeurent, alors que pour les étudiants cela n’a plus aucune importance dans le choix du lieu de leur scolarité. Aujourd’hui cela n’a plus beaucoup de sens et cela coûte cher. Cela provoque des concurrences stériles entre réseaux. »

Au futur gouvernement de la Communauté française, elle demande la fusion des réseaux d’enseignement qui permettra, selon elle, « une meilleure utilisation des moyens », mais aussi la mise en place « d’un mécanisme de coopération inter-étatique permettant les transferts de financement d’une part du budget de l’enseignement supérieur d’autres pays en lien avec le nombre d’étudiants provenant dudit pays ».

Aux partis qui formeront la prochaine majorité au fédéral, la FEF demande ni plus ni moins qu’un refinancement de la FWB, possible via une modification de la loi spéciale relative au financement des Communautés et des Régions de 1989. Deux voies sont privilégiées par la FEF : une lutte efficace contre la fraude fiscale et un renforcement de la progressivité de l’impôt. Sans surprise, la Fédération appelle de ses vœux à la fin « des jeux politiques » au sujet du contingentement fédéral des numéros Inami ainsi qu’à une revalorisation de la médecine générale.

Armée de ses 70 pages de revendications, la fédération va désormais s’appliquer à les présenter aux partis démocratiques en espérant les inspirer.

 

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