Matches truqués: Belgique et Pays-Bas font renforcer leurs collaborations

Zheyun Ye.
Zheyun Ye. - © Belga

Le 23 novembre aura lieu à Bruxelles une après-midi d'étude sur le thème "Matches truqués: prêts à lutter?!", une rencontre organisée par la Commission des jeux de hasard et le Secrétariat général Benelux dans le cadre de la Semaine belge de la Sécurité. But de cette initiative: présenter les avancées de la Belgique et des Pays-Bas en matière de lutte contre le "game fixing", les matches truqués. La séance pourra compter sur la présence de Koen Geens (CD&V), ministre de la Justice.

"Le Benelux ne veut pas rester un spectateur passif"

On le sait: les paris en ligne sont devenus une véritable mode et les sociétés de paris se disputent d'importantes parts de marché. Mais la Belgique n'a pas été et n'est toujours pas épargnée par le phénomène des paris truqués, notamment suite à l'affaire Zheyun Ye. Et il n'y a pas que le football qui est touché. "Des paris sur des matches de tennis truqués depuis la Belgique, la Suisse, l'Allemagne et le Royaume-Uni à l'approche de joueurs de volley-ball de haut niveau au Danemark dans le but de manipuler le résultat des matches: aucun sport n'est à l'abri de la mafia organisée", rappelle la Commission belge des jeux de hasard. "Pour cette dernière, le trucage de matches est le moyen idéal de blanchir de l'argent criminel tout en générant un bénéfice sous la forme de gains de paris sportifs. Résultat: l'intégrité du sport a été sérieusement menacée ces dernières années. Les pays du Benelux ne veulent pas rester des spectateurs passifs et entendent bien prendre des mesures pour éradiquer ce fléau transfrontalier."

Lesquelles? Pour Etienne Marique, président de la Commission des jeux de hasard, il est question d'améliorer les collaborations. "Nous allons renforcer les échanges entre notre pays et les Pays-Bas notamment en matière de police, d'échanges de techniques, de dossiers... Notre objectif est également de pouvoir faciliter les interventions policières dans nos pays au travers des commissions rogatoires et de l'exécution des perquisitions. Car, le problème dans ce type de dossiers, c'est la rapidité avec laquelle les truqueurs agissent, plus rapidement que le monde judiciaire. Le temps de s'apercevoir d'une manipulation, les acteurs ont déjà quitté les lieux de leurs méfaits. C'est ce qui est arrivé récemment lors d'un tournoi de tennis avec des paris suspects sur une joueuse de tennis. A peine les commissaires de jeux avaient eu le temps d'arriver dans les hôtels, les protagonistes avaient déjà fui."

Près de 30 p.-v. hors rencontres de football

Depuis le début de l'année, la Commission des jeux de hasard a déjà traité près de 30 p.-v. liés à des rencontres sportives truquées. Mais attention: la Commission n'est pas compétente pour les matches de football. "Cette matière est traitée par le parquet fédéral. Mais il nous semble que la cellule en charge des dossiers opère sans véritable plan d'actions et est en sous-effectif."

A quelques jours de la journée d'études, Etienne Marique plaide aussi pour que les Communautés, compétentes en matière de sport, ratifient enfin la Convention du Conseil de l'Europe de 2014 en matière de lutte "contre la manipulation des compétitions sportives par le biais ou non des paris sportifs". "Cela donnera plus de force à nos actions et nous permettra de mener des opérations plus transversales au niveau européen", estime M. Marique qui reconnaît qu'actuellement, seul un pays, la Suède, a ratifié le texte.

L'après-midi d'études qui aura lieu au Central Gate rue Ravenstein est accessible sur inscription. Elle sera diffusée en live streaming. Infos: www.gamingcommission.be

 

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