Masques en tissus ou en papier : lequel est le plus efficace et le moins désagréable en ces fortes chaleurs

Il a fait très chaud ce jeudi et il fera encore plus chaud vendredi. De quoi rendre encore un peu plus inconfortable le port du masque. Et pourtant ce n'est pas le moment de l'enlever. Même pour les travailleurs qui doivent le porter toute la journée. Petit mode d'emploi pour rendre le port du masque par ces températures moins désagréable. 

Ne pas le porter tout le temps

Pour ce spécialiste des maladies infectieuses qui revient d'un mois et demi de dépistage massif à Turin dans des températures au-dessus des 30 degrés, il est sans doute plus inconfortable mais il faut s'y habituer. Règle numéro un pour Jean-Luc Gala : "Il ne faut pas le porter 7 ou 8 heures par jour. Il faut le porter dans des circonstances où il est indispensable. il faut le porter quand nous sommes en contact avec beaucoup de monde, dans des espaces publics, des commerces, des grandes surfaces, des shopping, des musées. Il y a un cadre dans lequel on le met et en dehors, par exemple à table, on peut le retirer. En Italie, c'est devenu un geste habituel. Les Turinois qui travaillaient avec nous, le portait automatiquement sans que cela ne pose le moindre problème."

Le changer toutes les 4 heures quelle que soit la température

Faut-il le changer plus régulièrement à cause de la transpiration et de l'humidité? Le spécialiste est clair: "Il faut le changer toutes les quatre heures qu'il fasse chaud ou froid, la règle reste la même. Quatre heures, c'est l'estimation de temps au terme duquel le masque perd complètement son efficacité."  

Masque en papier et en tissu : pas la même protection

Masque en tissus ou en papier? Jean -Luc Gala revient sur leurs différences: "Le masque en papier ou masque chirurgical protège surtout la personne extérieure et pas vous, des aérosols. C'est un mauvais masque en terme de protection contre les aérosols et les virus, mais il est excellent pour protéger les autres de vos postillons. C'est la raison pour laquelle les experts lui préfèrent le masque en tissus au pouvoir plus filtrant, d'autant plus si on lui ajoute un papier absorbant ou un filtre à café, par exemple."


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Et d'ajouter : "Les règles d'entretien sont simples, si on le porte toute la matinée, il vaut mieux en mettre un propre l'après-midi. D'où l'intérêt de se créer un petit stock stratégique. Vous gardez quatre ou cinq masques dans l'armoire et tous les jours vous lavez votre ou vos masques de la journée. Vous pourrez les réutiliser autant de fois jusqu'à ce que le tissus s'effrite ou que l'élastique casse. Le masque en papier est plus fragile." 

Même quand il fait chaud, c'est mieux le coton

Là encore, Jean-Luc Gala, n'hésite pas : "Le coton est le plus adéquat, dans les pays chauds comme en Afrique, en Asie ou en Afrique du Sud, le coton a toute sa raison d'être parce qu'il absorbe facilement l'humidité et qu'il ventile assez bien pour maintenir une bonne température corporelle et il laisse passer l'air. Seule difficulté dans nos régions, c'est de trouver du vrai coton sans synthétique. Le masque en papier pourrait paraître plus confortable mais je le répète, il est moins efficace en terme de protection. Le masque en tissus tel qu'on en trouve désormais sans problème, même sur internet, est plus performant que le chirurgical en papier." 

Masques professionnels FFP2 ou FFP3 les plus protecteurs les moins confortables

Ce sont de vrais masques filtrants  réservés aux professionnels de la santé. Ils filtrent près de 95% des particules virales. Cette qualité de filtration exceptionnelle explique, poursuit notre expert, qu'il est aussi le plus inconfortable en cas de température élevée ou de stress. 

Pas de port du masque lors d'efforts physiques intenses 

On recommande d'ailleurs aux sportifs de haut niveau de ne pas porter le masque, en cas d'entraînements intenses. Cela pourrait devenir problématique pour eux glisse notre scientifique, mais pour monsieur ou madame tout-le-monde, une température élevée n'est pas un facteur limitant.  

En résumé, ce qui compte dans un masque ce n'est ni sa couleur, ni les dessins sur le tissus mais son pouvoir de filtration et surtout son adaptation à la forme de notre visage. Il doit nous couvrir le nez et la bouche pour englober toute la face sans bâillements sur le côté, où des aérosols (postillons) pourraient entrer et pénétrer dans nos fosses nasales puis dans nos voies respiratoires supérieures. Mieux vaut un masque moche mais bien adapté, qu'un masque à la mode qui ne nous aille pas du tout.

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