Maryse Hendrix (CWEHF): "L'approche des problèmes n'est pas la même sans parité"

En vue des élections législatives, régionales, communautaires et européennes du 26 mai 2019, Le Conseil Wallon de l'Egalité entre Hommes et Femmes (CWEHF) publie son Memorandum annuel. Dans celui-ci, on retrouve une série de propositions thématiques, déclinées suivant les différents niveaux de pouvoir. Ces recommandations portent sur les violences faites aux femmes, l’emploi, la mobilité ou encore la représentation politique équilibrée, parmi d'autres sujets. 

Maryse Hendrix, la présidente du CWEHF, était ce matin l'invité de Matin Première pour dresser un état des lieux. 

Changement de mentalité

"En Belgique, la situation semble assez intéressante sur le plan de législation, les femmes ont acquis une certaine égalité", explique-t-elle. "Mais ce n'est pas toujours le cas sur le terrain, il y a encore du travail à faire sur les mentalités."

De nombreuses dispositions ont été prises pour l'égalité hommes/femmes dont un Plan wallon du Genre, Plan qui a fait l'objet d'une évaluation. "Elle n'est pas aussi positive que l'on aurait souhaité" déplore Maryse Hendrix. "Tous les ministres étaient chargés d'un objectif mais on a l'impression que pour eux, chaque thématique est égale pour les hommes et les femmes, alors qu'il y a des différences d'approche", explique-t-elle. "Des thématiques comme la mobilité ou la sécurité dans les villes sont différentes pour les hommes et les femmes."

La présidente du CWEHF considère que des choses positives ont été faites mais qu'il est possible de travailler plus en profondeur, notamment sur la représentation dans les médias de certaines problématiques comme la violence conjugale. "On s’aperçoit que cette violence n'est pas toujours bien reprise dans les médias. On parle de drame familial ou de disputes et pourtant il s'agit d'assassinat", explique-t-elle. "Le langage doit évoluer, les mots ne sont pas innocents. C'est très important de faire attention à la manière dont on présente les choses"

Du coté des ministres, on ne se rend pas forcément compte de cette dimension d'égalité entre hommes et femmes, raison pour laquelle le CWEHF propose la création d'un poste de ministre des droits des femmes. "Cela pourrait aider les autres ministres à voir où il y a des différences de genre", précise-t-elle. "Pendant la dernière législature, la secrétaire d'état aux droits des femmes Isabelle Simonis a bien travaillé avec tous les représentants de la société civile, on a vu que cela changeait les choses."

Élue bourgmestre à Flémalle, Isabelle Simonis a décidé il y a quelques mois de quitter le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Son poste n'a pas été remplacé, au grand regret de Maryse Hendrix. "Nous demandons qu'on rétablisse ce poste et que cette personne dépende du premier ministre, c'est la place clé pour couvrir toutes les matières dans notre pays".

"Votez femme"

La représentation politique équilibrée reste ainsi une priorité pour le CWHEF car des réflexes machistes existent encore. "Tant qu'on ne travaille pas de manière souterraine, on n'atteindra pas l'égalité".

Dans les lieux décisionnels, Maryse Hendrix estime que la parité est encore assez disparate. "Il faut absolument la parité et l'égalité car la vision du monde et l'approche des problèmes n'est pas la même sans cela. Les femmes ne sont pas meilleures que les hommes et vice-versa. Les regards croisés amènent généralement des solutions qui sont plus favorables à tous et qui prennent tout le monde en compte"

Faut-il alors voter femme durant les élections? "Votez femme mais pas à tous prix", affirme Maryse Hendrix. "Il y a tout de même assez de femmes compétentes dans tous les domaines. Il suffit de se renseigner. A compétences égales, entre un homme et une femme, prenez la femme!"
 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK