Marre de la pluie? L'hiver aura, au moins, combattu la sécheresse

La sécheresse en sursis
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La sécheresse en sursis - © Thierry Roge - Laurent Van de Berg

L’hiver climatologique prend fin ce 29 février. Un hiver qui a pu sembler pluvieux. Cette impression, à tous les coups, a été renforcée par ces dernières semaines. Pourtant, il s’inscrit clairement dans les normales saisonnières. Un fait plutôt "rassurant" pour Pascal Mormal, météorologue à l’Institut Royal Météorologique (IRM).

La Belgique a, en effet, connu un important pic de sécheresse l’été passé. Les nappes phréatiques étaient au plus bas. Un peu avant cela, en octobre 2018, le lac du barrage de la Gileppe était étonnamment sec.

Sur ces observations de novembre à février, on voit bien que les quantités de pluies tombées sont proches de la normale. Quelques zones du sud du pays ont été plus arrosées.

Selon les projections, l’Observatoire d’Uccle devrait constater 240 mm des précipitations sur l’hiver. "La moyenne de précipitations, pour cette période qui va de décembre à fin février, est de 220,5 mm. Nous avons donc eu des pluies sans excès. Le sud du pays, lui, a été plus arrosé. Ces pluies ne sont pas fort excédentaires mais permettent de relativiser la sécheresse que nous connaissons ces dernières années," explique Pascal Mormal.

L’hiver le plus arrosé du siècle date de 1995 avec, à Uccle toujours, 365,9 mm/m². Le plus sec était en 1964. L'hiver 2019-2020 n’a donc rien d’exceptionnel.

Une sécheresse en sursis

Lors de l’été 2019, la sécheresse s’est accentuée. La situation a été jugée "exceptionnelle" notamment dans la province du Luxembourg. "Une période comme cela est de retour une fois tous les cinquante ans", commentaient les météorologues de l’IRM.

Le constat était encore pire quand l’on regardait les trois dernières années réunies. Les nappes phréatiques et l’ensemble du pays étaient touchés. En février 2020, l’hiver a permis de résorber légèrement le déficit hydrique.

"On voit que la situation est proche de la normale, voire légèrement excédentaire au niveau de la Semois et de la haute vallée de l'Ourthe. Sur la carte de Belgique des 24 derniers moins, le bilan inclut l'évapotranspiration et montre une situation globalement beaucoup plus sèche. La prise en compte de l'évapotranspiration, qui intègre les effets du rayonnement solaire, de la température, du vent et de l'humidité de l'air, est essentielle pour expliquer cette sécheresse sur cette période", explique Pascal Mormal, météorologue à l'IRM.

Pour être éclairantes, les statistiques de sécheresse doivent être consultées sur une période de plusieurs années. Celles-ci peuvent alors renseigner sur l’état des nappes. Si le mois de février a été pluvieux, une sécheresse théorique impacte encore des nombreuses régions de notre pays.

Les nappes se rechargent sur plusieurs mois

Le service public de Wallonie tient à l’œil le niveau des nappes phréatiques. Des relevés sont réalisés à l'aide de piézomètres. Les résultats sont consultables sur cette carte interactive.

Une baisse des niveaux a effectivement été constatée lors des mauvaises recharges hivernales 2017, 2018 et 2019. "Déjà en octobre 2019, nous avions observé une remontée des aquifères superficiels (les nappes d’eau souterraine les plus poreuses) et, globalement, une bonne recharge de nos nappes," explique le SPW.

Il est cependant encore un peu tôt pour dresser un bilan global et se prononcer sur les réserves suffisantes pour affronter un printemps ou un été particulièrement secs. Le SPW dit attendre la fin mars, début avril pour se prononcer avec plus de certitude.

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