Marius Gilbert : "On est dans une phase où l'on accepte un certain niveau de risque de transmission"

Alors que le Coronavirus semble continuer de s’essouffler, une polémique a surgi après la manifestation Black Lives Matter ayant réuni.10.000 personnes à Bruxelles ce dimanche. En cause, la question du (non-)respect des normes sanitaires en vigueur, notamment celles relatives à la distanciation. Les manifestants ont-ils pris un risque inconsidéré ?

Devons-nous nous attendre à un nouveau regain de virulence du Covid-19 ? Pour en parler ce lundi soir, l’épidémiologiste Marius Gilbert était présent sur le plateau du JT.

Risque calculé 

Pour l'épidémiologiste, le risque existe. "C’est un évènement de masse. Le risque de transmission existe à l’occasion des événements de masse, c’est pour cela que l'on a fait des recommandations. Maintenant ce risque a été mitigé par l’utilisation de masques. S’il y avait eu moins de monde, si la manifestation n’avait pas eu autant de succès, les distanciations sociales auraient pu être respectées de manière plus simple."

Qu’à cela ne tienne, inutile de s’alarmer pour autant, à l’instar d’autres membres du GEES, Marius Gilbert précise qu’un événement de masse tel que celui-là, pris isolement soit de nature à faire remonter l’épidémie de manière exponentielle.

"On est de toute façon passés dans une phase où l’on accepte un certain niveau de risque de transmission, avec un arbitrage politique, comme le fait de manger à 70 cm de quelqu’un d’autre. Oui, il y a donc eu un risque mais le fait que cet événement soit en plein air, c’est un élément qui limite les risques de transmission."

Il n’y a pas de bonne solution

Car si le sentiment de liberté retrouvée a tendance à nous faire oublier que le virus est toujours bel et bien là, il serait dangereux de ne pas garder un niveau minimum de précaution. "On doit composer avec ce risque. C’est pour cela que l’on se retrouve dans des situations comme cette polémique car les deux positions peuvent se tenir. Il n’y a pas de bonne solution. Est-ce qu’on doit renoncer à l’expression publique de valeurs fondamentales ou doit-on aller vers un zéro transmission à tout prix… Il n’y a pas de bonne solution et l'on va encore être confrontés à ce type de dilemme dans les prochains mois et ce ne sera pas nécessairement plus simple".

 

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