Mariages forcés : "La Belgique peut agir", selon Plan Belgique

Haoua et son papa
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Haoua et son papa - © Plan Belgique

Chaque minute, 27 filles dans le monde subissent des mariages forcés. Au Niger, pays où les mariages précoces sont très répandus, une fille de 14 ans accouche toutes les 50 minutes. Plan Belgique encourage le nouveau gouvernement à encourager l’interdiction de ce type de mariages, via la coopération au développement.

Pour faire comprendre aux parlementaires la réalité très crue à laquelle sont confrontées les (parfois) très jeunes filles au Niger, Plan Belgique a demandé à Haoua, 13 ans, de venir raconter son histoire.

"Mon mariage a été célébré à l’âge de 9 ans. A 11 ans, j’ai gagné le foyer conjugal, sur l’instruction de mon papa. […] Mon mari a voulu partager mon intimité. Mais j’ai crié. Mon papa est venu me chercher pour me ramener à la maison."

La tante de Haoua, qui n’a que quelques années de plus avait été sauvée par Plan Belgique d’un mariage forcé. C’est elle qui a emmené Haoua chez une employée nigérienne de l’association. Saa Gado réussira à convaincre le papa d'Haoua d'annuler le mariage. Aujourd'hui Haoua retourne à l'école.

Saa Gado doit souvent intervenir par voie détournée, via le chef ou l'imam du village, pour que, grâce à leur autorité, les mariages soient annulés. Sept filles sur 10 sont mariées avant l’âge de 18 ans dans le pays. L'idéal serait évidemment de ne plus devoir annuler les mariages. Il faudrait faire en sorte que les mariages de ce type n'aient tout simplement plus lieu. Et Plan Belgique est persuadée que la Belgique peut avoir un impact sur le Niger. "La Belgique peut faire en sorte que le thème des mariages d’enfants soit reconnus comme un obstacle au développement, plaide Manuella Varrasso, responsable communication de Plan Belgique, comme un obstacle à la lutte contre la pauvreté. Et elle pourrait inscrire ce thème dans divers axes de sa coopération au développement : l’éducation, la santé, le développement économique."

Un phénomène mondial

Le mariage d’enfants est un phénomène qu’on retrouve sur tous les continents. Les régions les plus touchées sont l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Amérique centrale. Au Niger, au Tchad et au Bangladesh, une fille sur trois est mariée avant l’âge de 15 ans.

Ces mariages et maternités précoces représentent une menace pour la santé de la jeune maman et de ses enfants. Chaque année, 50. 000 adolescentes meurent de complications liées à la grossesse.

Sept des dix-huit pays avec lesquels la Belgique a des accords de coopération au développement sont hautement concernés par le phénomène : au Niger, 75% des filles sont mariées avant 18 ans, au Mali, 55 %, en République Démocratique du Congo, 39 %.

"Nous demandons à la Belgique d’agir par rapport au Niger, ajoute Manuella Varrossa, parce que le Niger a le plus haut taux de mariages précoces, mais aussi parce qu’un nouvel accord de coopération se négocie l’an prochain. Mais nous demandons aussi à la Belgique d’agir ailleurs. Par exemple au Congo, qui reçoit le budget le plus important de l’aide à la coopération belge."

O. Leherte

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