Mariage forcé: une dure réalité qui touche aussi la Belgique

Sadia, la jeune fille assassinée par son frère, en 2008
Sadia, la jeune fille assassinée par son frère, en 2008 - © Tous droits réservés

On parle régulièrement de la problématique des mariages forcés dans certains pays d'Afrique ou d'Asie mais c'est malheureusement aussi une réalité en Belgique. Le meurtre de la jeune Sadia avait médiatisé le phénomène. Un colloque sur le sujet a eu lieu cette semaine à l'Institut pour l'égalité des hommes et des femmes.

Ce sont surtout des jeunes femmes qui en sont les victimes. Plus rarement les jeunes hommes.

Quand cela arrive, c'est souvent parce que les parents veulent utiliser le mariage pour ramener le jeune dans le 'droit chemin' : "Beaucoup de mariages forcés sont proposés lorsque le jeune est un peu turbulent. Par exemple lorsqu’il a des problèmes de drogues, des problèmes à l’école, des tendances homosexuelles. Avec un mariage forcé on essaye de corriger le comportement du jeune", explique Els Leye de l'Université de Gand, une des auteures d'une étude internationale sur les mariages forcés.

Mais parmi ces jeunes au comportement jugé turbulent, ce sont souvent des filles qui sont victimes de mariages forcés. Des jeunes filles issues majoritairement de la communauté afghane, rom, marocaine, turque mais également des jeunes d’origine européenne: "C’est une professionnelle qui nous l’a signalé. On trouve des mariages forcés dans des pays comme en Italie et en Sicile par exemple. Il y a eu récemment le cas d’une femme qui a été forcée de rester mariée à un homme qu’elle ne voulait plus tant la pression était forte."

Chaque fois, c'est une question de tradition, d'honneur de la famille à préserver via une pression psychologique terrible sur les victimes, qui très rarement portent plainte car il s'agirait de traîner sa propre famille en justice.

Il y aurait une dizaine de cas de mariages forcés par an à Bruxelles et environ autant dans d'autres grandes villes du pays.

A. G., avec O. Leherte

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK