Margaret Hamilton, celle qui aida les hommes à marcher sur la lune

Série d’été sur les femmes marquantes : Margaret Hamilton, celle qui aida les hommes à marcher sur la lune
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Série d’été sur les femmes marquantes : Margaret Hamilton, celle qui aida les hommes à marcher sur la lune - © HO - AFP

C’est aujourd’hui le cinquantième anniversaire du premier pas sur la lune. Le 21 juillet 1969 Neil Amstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins alunissaient devant des millions de téléspectateurs. Ce que l’on sait moins, c’est que le logiciel embarqué, qui a permis à la mission Apollo 11 d’arriver sur la lune avait été créé par une femme : Margaret Hamilton.

Brillante mathématicienne

C’est en 1960, après s’être découvert une passion pour les équations et autres dérivées lors de ses études en mathématiques que Margaret rejoint les rangs du prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology).

L’un des rôles de l’institut est de développer des programmes informatiques de prévisions météo, c’est dans ce service que Margaret commence sa carrière. Mais très vite, ses aptitudes la poussent vers le programme militaire et du codage beaucoup plus complexe et délicat. C’est là, en 1963, qu’elle sera repérée et enrôlée dans ce qui restera l’une des missions les plus importantes de l’histoire : Apollo. Margaret Hamilton dépend donc désormais du MIT mais aussi… De la NASA. C’est la première femme, mère célibataire qui plus est, à devenir programmatrice pour le projet Apollo.

A l’époque, les Etats-Unis et la Russie se sont lancés dans une course spatiale sans précédent : il fallait, à tout prix, être les premiers à poser le pied sur l’astre céleste. Et à ce petit jeu, les Etats-Unis avaient leur botte secrète : Margaret !

Elle passera des nuits entières dans son laboratoire, elle y emmènera même sa fille Lauren, alors âgée de 4 ans. Plusieurs fois, elle fut critiquée pour avoir amené sa fille au bureau et l’avoir fait dormir à même le sol.

Dans l’Amérique des années 60, où peu de femmes travaillent (d’autant plus dans un domaine scientifique tel que celui-là), son indépendance et sa manière d’élever sa fille passent mal : "Les gens me disaient : Comment pouvez-vous quitter votre fille ? Comment pouvez-vous faire cela ? " explique-t-elle au magazine américain Wired.

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C’est grâce à sa fille que la mission fut sauvée

Le 20 juillet 1969, alors que la mission s’apprête à alunir, des signaux d’alarmes retentissent dans la navette. L’ordinateur de navigation mais aussi l’ordinateur de pilotage buggent. Les ordres entre les deux ordinateurs sont contradictoires, la machine perd la boule… Mais c’était sans compter sur l’intelligence de Margaret Hamilton et de son équipe, qui avaient anticipé le problème. Ils avaient conçu un système d’exploitation supplémentaire pour que l’ordinateur central priorise les ordres.

Après quelques interminables secondes, les ordinateurs reprennent normalement la mission, les signaux d’alarmes s’éteignent… Et la suite de l’histoire, on la connaît.

Comment avaient-ils pu anticiper un tel problème ? Des années plus tard, Margaret expliqua que c’est grâce à sa fille qu’elle y avait pensé. Alors qu’elle travaillait dans son labo, Lauren jouait avec un simulateur d’atterrissage, tout d’un coup, un message d’erreur apparaît sur l’écran : "Le P01" et fait planter le simulateur. Cet événement allume un signal dans le cerveau de Margaret Hamilton : "Je me suis dit alors : et si les astronautes faisaient pareil ?". Le lendemain, elle explique cette erreur à ses directeurs, qui estiment que les astronautes ne feront pas cette même erreur… Margaret décide tout de même de corriger le code, d’implanter cette fameuse priorisation des tâches.

Après le retour de la mission sur terre, les scientifiques masculins furent récompensés et médiatisés… Mais pas Margaret.

Il fallut attendre 2016 pour que le Président américain Barack Obama la décore de la médaille présidentielle de la Liberté. Il s’agit de la plus haute distinction pour un civil.

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis, plusieurs livres et films sont sortis pour montrer la place importante des femmes dans l’histoire spatiale américaine. Le plus marquant fut certainement "Hidden Figures" (Les figures de l’ombre" en français) qui raconte l’histoire de 3 femmes afro-américaines qui ont, elles aussi, contribué à la victoire dans la course à l’espace.

 

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