"Climat de défiance" entre Marc Vandercammen et le Crioc

Marc Vandercammen invité du JT de 13h ce lundi 25 juin
Marc Vandercammen invité du JT de 13h ce lundi 25 juin - © RTBF

Le conseil d'administration du Crioc a avancé lundi un "climat de défiance" entre Marc Vandercammen d'un côté et le CA et le personnel de l'autre pour justifier le départ de son ancien directeur. Le conseil reproche également à Marc Vandercammen d'avoir dressé, au nom du Crioc, un bilan fort positif des résultats partiels de l'audit, alors que ceux-ci pointaient tout de même d'"importants problèmes" d'ordre méthodologique dans les enquêtes du Centre et une gestion des ressources humaines "trop centralisée".

Après des révélations en février dernier de mauvaise gestion des ressources humaines au sein du Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs, le ministre de l'Economie, Johan Vande Lanotte, avait demandé un audit. Les résultats partiels à peine tombés, Marc Vandercammen avait appelé, dans la foulée, à "tourner la page".

"Il a communiqué des choses en les mettant dans la bouche du Crioc", souligne la vice-présidente du CA, Caroline Jonckheere. Mais cette "manipulation" dans la communication ne constituerait que la "goutte" qui a poussé le CA à se prononcer "à l'unanimité", jeudi dernier, en faveur du départ de Marc Vandercammen.

Un climat de défiance régnait déjà entre Marc Vandercammen et le conseil d'administration. "On lui avait précisé nos volontés quant à la stratégie du CRIOC pour l'avenir, mais nous n'avons jamais obtenu de réponse sur ce point", ajoute Mme Jonckheere. En outre, sa mission d'assainir les comptes n'a été que partiellement accomplie. Quant à la visibilité dans les médias, elle était assurée mais parfois au détriment de la crédibilité, estime le CA.

Le conseil est entre-temps tombé d'accord sur la désignation d'un successeur temporaire à Marc Vandercammen. Il s'agit d'Adriaan Meirsman, ancien directeur adjoint au Centre et "collaborateur apprécié du personnel", dit-on. Adriaan Meirsman prendra ses fonctions dans les plus brefs délais pour une période transitoire de plusieurs mois.

Marc Vandercammen ne sait toujours pas pourquoi on le licencie

L'ex-directeur du Crioc était l'invité du journal télévisé de 13h sur la RTBF pour s'expliquer sur les raisons de son licenciement annoncé à la presse par le conseil d'administration du Crioc vendredi dernier.

Interrogé par Véronique Barbier sur les raisons de son licenciement, Marc Vandercammen, qui a dirigé pendant 11 ans le centre de recherches et d'information des organisations de consommateurs, a déclaré qu'il ne connaissait toujours pas les raisons de son licenciement : "Je dois vous avouer que je n'ai toujours pas reçu de courrier. Je l'ai appris par la presse. D'après ce que j'ai compris, il semblerait que j'ai parlé trop vite. Mais alors je ne comprends pas très bien".

"Je n'ai pas transmis les résultats de l'audit à la presse avant le conseil d'administration", s'est-il défendu rappelant que les deux enquêtes internes écartaient les soupçons de manipulation et de harcèlement.

Et de préciser : "Je tiens à dire que moi j'ai aussi un autre audit qui a été fait par un tiers bien avant, et qui a confirmé qu'il n'y avait pas de harcèlement. Il n'y avait aucune plainte qui avait été adressée en matière de harcèlement moral et aucune plainte pour licenciement abusif".

Quant à savoir s'il pourrait toucher une indemnité de 400 000 euros comme l'ont écrit certains journaux, il répond qu'il en serait "heureux" mais "j'ai appris que logiquement je devrais avoir une indemnité de neuf mois de salaire. Si vous faites un rapide calcul, 400 000 euros divisé par neuf, cela me fait un salaire plus important qu'un ministre et ce n'est pas le cas".

Aujourd'hui, il demande à ce que la législation et le contrat de travail soient respectés. "Le reste, c'est beaucoup de bruit. En tout cas, c'est toujours intéressant de voir que c'est un tiers au Crioc qui déclare beaucoup de choses de ce type-là", a-t-il conclu.

C. Biourge et Belga

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