Le grand maître du Grand-Orient de Belgique: "Oui, la laïcité dans la Constitution a été débattue chez nous"

Le grand maître du Grand-Orient de Belgique: "Oui, la laïcité dans la Constitution a été débattue chez nous"
Le grand maître du Grand-Orient de Belgique: "Oui, la laïcité dans la Constitution a été débattue chez nous" - © Tous droits réservés

Marc Menschaert est le grand maître du Grand-Orient de Belgique. C'est le premier responsable de la plus grande obédience maçonnique de Belgique : 11 000 membres et plus d'une centaine de loges composent le Grand-Orient. Mais à quoi donc sert la maçonnerie ? Pour Marc Menschaert, "la franc-maçonnerie sert d’abord à l’amélioration du maçon. Le but du franc-maçon, c’est de travailler sur lui-même. Et c’est de ce travail sur lui-même qu’il va travailler dans la société. Le débat maçonnique est enrichissant. (…) Je suis maçon depuis 26 ans. En 26 ans, j’ai changé."

Les maçons se réunissent chaque semaine et participent à des ateliers entre frères. Un point essentiel : "Une chose que j’ai apprise dans la franc-maçonnerie, c’est la qualité du débat, la qualité d’écoute. Cette nécessité, pour pouvoir évoluer, d’entendre des avis différents. Je me rends compte également que la vérité n’existe pas. Il faut toujours voir les choses de deux manières différentes. Il faut avoir plusieurs approches."

Comment devient-on maçon ? Marc Menscaert explique qu'il y a deux méthodes : soit la cooptation, soit la candidature spontanée. Il y a 4 cooptations pour une candidature spontanée. Mais les refus sont plus importants dans le deuxième cas de figure. Cela n'empêche pas, à croire la Grand maître, la diversité dans la franc-maçonnerie : "nous sommes ouverts à toutes les classes de la population". 

Islam et laïcité

Des positions différentes, entre franc-maçons se sont faits entendre, il y a un an, sur la position à tenir face à l'Islam. Denis Rousseau se proclamait "islamophobe" alors qu'Edouard Delruelle, de son côté, rejetait totalement l'idée qu'islamophobie et esprit maçonnique puisse co-exister. Comment se situe le Grand-Orient de Belgique sur cette question ? Le grand maître, qui parle en son nom propre, est clair : "Je pense qu’on doit faire très attention, surtout aujourd’hui, à propos de l’Islam. Je constate qu’on raconte un peu n’importe quoi. L’Islam est une religion de tolérance. Il y a tous les musulmans que nous n’entendons pas et qui ne sont pas d’accord avec toutes ces dérives."

Début 2016, un débat s'est invité à la Chambre : faut-il insérer la laïcité dans la Constitution ? Faut-il parler de neutralité ? Comme pour l'avortement ou l'euthanasie, le débat sur la laïcité a-t-il, d'abord, démarré dans les loges ? Le grand maître Marc Menscaert confirme : "Oui, ça a été débattu au Grand-Orient de Belgique. Mais il n’y a aucune instruction donnée aux maçons, ce sont des initiatives individuelles. Il y a peut-être des maçons qui ont une influence politique et qui viennent tester leurs idées. L’atelier est un laboratoire d’idées. On teste son idée, et l’idée peut évoluer. Si cette personne est un politique, et qu’il vient avec ce projet au Parlement, il le fait à titre individuel. La maçonnerie, c’est l’action de l’individu dans la société. Il n’y a aucune prise de position commune. Il n’y a pas de vote qui fait toutes les semaines, ou tous les mois."

Mais l'on peut donc réfléchir, ajuster, modifier une idée, avant de la porter sur la place publique. Avec les succès que l'on connait, en matières éthiques. Et au regret de certaines personnalités politiques.

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