Marc Dutroux: nous avons lu la lettre de son avocat

La lettre n’est pas écrite par Marc Dutroux, mais bien par son avocat Bruno Dayez. Une démarche "respectueuse", selon les mots du pénaliste, qui s’inscrit "dans une optique de réparation".

Bruno Dayez s’adresse aux victimes, et aux familles des victimes de Marc Dutroux, dont il dit comprendre la douleur, sans aucune volonté de les blesser.

Cicatriser les plaies

"Il ne s’agit nullement de polémiquer, ni de raviver les plaies, mais de contribuer, fût-ce dans une très modeste proportion, à les cicatriser", écrit Bruno Dayez. Sa démarche s’inscrit pour lui dans un cadre légal. Car trois des cinq conditions pour obtenir une libération anticipée concernent directement les victimes. Et notamment l’attitude de Marc Dutroux à leur égard.

"22 ans se sont écoulés depuis l’arrestation de M. Dutroux, et cependant, jusqu’à ce jour, (...), chacun a dû rester emmuré dans sa douleur et son silence, toute forme de communication quelconque semblant inconcevable. Je n’imagine évidemment pas que l’on fraternise : je ne suis ni naïf, ni provocant."

Dutroux prêt à répondre aux questions

Mais Bruno Dayez ouvre la porte à une communication directe entre les victimes et Marc Dutroux. "Je vous confirme que M. Dutroux m’a assuré qu’il ne cherchera plus jamais à vous contacter d’initiative, mais qu’il est prêt à vous répondre si vous vouliez l’interpeller", écrit-il encore.

L’avocat reconnaît que les victimes et les parents des victimes de Marc Dutroux, sont en droit de lui demander des comptes, de lui intimer de répondre à leurs questions, de lui exprimer les sentiments qu’il leur inspire. "Non seulement l’intéressé devrait-il les entendre, poursuit l’avocat, ce qui participe à la peine qu’il subit, mais cela pourrait peut-être apporter quelque soulagement à votre propre douleur".

Bruno Dayez revient également sur le procès d’Arlon, où l’affaire a été jugée en 2004. "Un procès qui n’a pas livré de réponse à toutes les questions", dit Bruno Dayez.

Alors Marc Dutroux pourrait-il apporter des réponses 14 ans après le procès, 22 ans après son arrestation ?

Une nouvelle manipulation pour les victimes

Me Georges-Henri Beauthier n’y croit pas. Pour l’avocat de Laetitia Delhez et de Jean-Denis Lejeune, Marc Dutroux reste un manipulateur. "C’est un argument de procédure pour préparer le tribunal d’application des peines", explique Georges-Henri Beauthier. "Je voudrais que ce type de discussion ait lieu devant le tribunal et non pas sur la place publique. Je n’aime pas le ton sirupeux de cette lettre."

Plus tard dans la soirée de mercredi, Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie, a diffusé publiquement la lettre de Bruno Dayez sur les réseaux sociaux : 

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