Marc Dutroux: le tribunal acceptera-t-il un nouveau rapport psychiatrique ?

Marc Dutroux: le tribunal acceptera-t-il un nouveau rapport psychiatrique ?
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Marc Dutroux: le tribunal acceptera-t-il un nouveau rapport psychiatrique ? - © HO-BELGA - BELGA

Marc Dutroux rencontre ce jeudi matin, à la prison de Nivelles, le tribunal d’application des peines (TAP). Il ne sera pas question ici d’une sortie du détenu le plus connu de Belgique. Sa défense souhaite demander au tribunal la désignation d’un collège d’experts. Le but est de réaliser un nouveau rapport psychiatrique.

"On demande au TAP de désigner un collège d’experts censé l’éclairer sur le profil de personnalité de Marc Dutroux, son état mental, les caractéristiques de son état mental ; la question de savoir si en vertu de son état mental, il représenterait un danger social particulier. Les rapports dont nous disposons sont déjà anciens donc il nous paraît nécessaire d’actualiser les données puisque le TAP sera notamment contraint de rencontrer la question du risque de récidive," explique Bruno Dayez, son avocat.

Clairement, cette étape est indispensable pour une éventuelle future demande de libération. Quinze années se sont déjà écoulées depuis son procès à Arlon en 2004.

Ça fait un bon moment maintenant que je le fréquente plus ou moins assidûment. J’ai en face de moi quelqu’un qui est apte au dialogue, qui comprend ce qu’on lui dit et qui répond de façon adéquate. On est tout à fait en mesure de tenir une conversation constructive.

Marc Dutroux, un détenu libérable à court terme ?

La réponse est clairement "non" malgré une détention qui dure depuis 23 ans.

Ce rapport psychiatrique doit d’abord être accepté par le tribunal. Le TAP devra se décider dans les 14 jours. Si la réponse est positive, le rapport devra être réalisé. En fonction des conclusions, Marc Dutroux pourrait alors imaginer introduire une demande de libération conditionnelle accompagnée d’un plan de réinsertion. Ce plan n’a pas du tout été mis sur pied pour l’instant.

Il n’y a aucune vengeance dans les yeux de mes clients !

Du côté des victimes, comme Laetitia Delhez ou Jean-Denis Lejeune, on se dit malgré tout "tenaillés par la peur d’une future sortie". Leur avocat George-Henri Beauthier s’explique : "Marc Dutroux est un gros criminel, un pervers. Que ce soit Marc Dutroux ou un autre, il appartient au tribunal d'application des peines de voir si on le libère, si on le jette dans la société ou pas. Ce n’est pas le rôle des victimes de l’interdire. Le rôle des victimes, c’est de dire : protégez-nous et donnez-nous les indemnités auxquelles on a droit et donnez-nous surtout votre vérité sur ce que vous avez fait. Pour le reste, il n’y a aucune vengeance dans les yeux de mes clients, ils voudraient pouvoir tourner la page sereinement".

Une procédure sans l'avis des victimes

George-Henri Beauthier participera à l’audience du TAP. Mais déjà, il déplore la place minime qui est réservée aux victimes dans ce débat. Il est notamment impossible, dit-il, de prendre connaissance du dossier avant l’audience ou d’assister à l’entièreté de celle-ci, de savoir quels experts seront choisis et en vue de dresser quelles conclusions. Il déplore également que les victimes ne disposent d’aucun recours.

Reportage de notre journal télévisé de 19h30 de ce 16 octobre