Une majorité de policiers armés ne sont pas en ordre de port d'arme

Dans le jargon, on l'appelle le GPI 48. C'est le brevet décerné aux policiers suite à une formation et à un entrainement "en maîtrise de la violence des membres des services de police". 

Ce brevet est une obligation légale coulée dans une circulaire. Il prévoit, notamment, la formation continue pour acquérir la compétence par rapport à une arme à feu.

On le sait, mais tout le monde s'en fout

Pour conserver leur brevet, les "spécialistes en maîtrise de la violence" doivent participer à quatre demi-journées d'entraînement dans un stand de tir par an et une demi-journée d'évaluation. Mais par manque d'infrastructures, par manque de formateurs et comme ils sont en sous-effectif, les policiers ne peuvent quitter le terrain pour s'entraîner. Ils ne sont donc pas en ordre de port d'arme.

Et ils sont très nombreux ces policiers qui contreviennent à cette obligation légale. 

Notre témoin est policier fédéral il a souhaité garder l'anonymat. Il est pourtant affecté à la protection des personnalités. Les V.I.P. "Ça fait bien longtemps que je n'ai plus mis les pieds dans un stand de tir", nous confie-t-il. "Une heure de temps en temps et encore... Quand on demande un moniteur, il n'est pas disponible. Et quand on l'a, on fait un peu n'importe quoi. Quand on remonte le problème, on nous répond "on le sait". Et bien oui, on le sait, mais tout le monde s'en fout", conclut-il.

Aucun nouveaux stands de tirs avant 2030 ! 

Du côté syndical, cela fait des années que l'on réclame des investissements dans les infrastructures. "Il manque 30 stands de tir en Belgique", dénonce Eddy Quaino, permanent à la CGSP police. "Et là, je ne parle que d'entraînement en maîtrise de la violence avec arme à feu. Bref, le bête entraînement au tir! Et bien, on nous annonce rien avant 2030!"

Un budget amputé d'un tiers en cinq ans

S'il n'y a pas assez de stands de tir, il n'y a pas assez de policiers non plus. Dans certaines unités, on est tellement peu qu'il est quasiment impossible de laisser les policiers s’entraîner. Marc De Mesmaeker, le commissaire général de la police fédérale se veut rassurant  : "Il faut trouver le juste équilibre avec les moyens qu'on a. Mais les formations qu'ils doivent suivre pour exercer leur métier dans les conditions de sécurité sont tout a fait prioritaires

Former les policiers à la maîtrise de la violence. Une priorité qui nécessite de l'argent. Pourtant, en cinq ans, le budget de la police fédérale a baissé d'un tiers.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK